Les acteurs de l'ombre

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Heavenly (Ben Sotto, Charley Corbiaux)

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Cela faisait un certain temps qu'on n'avait pas entendu parler de vous alors je vous demanderai de nous raconter ce qui s'est passé depuis le dernier album.
Charley : Donc l'album est sorti en janvier 2004 et nous sommes partis à Londres faire notre premier concert pour présenter l'album. Il est vrai qu'on sentait déjà depuis quelques semaines que ça n'allait plus trop avec les autres membres du groupe et ils ont choisi cette soirée pour entamer les discussions, nous expliquer leur mal être, leur envie de changer et de partir. C'était le 13 février 2004, je m'en souviens très bien, on s'est retrouvé tous les deux avec Ben et on a décidé de continuer l'aventure et de se mettre à la recherche de nouveaux musiciens. Dans l'année on recrute Olivier, Matthieu et Thomas, on enregistre une démo 3 titres, on obtient nos deals avec les maisons de disques.

Vous allez être distribués dans quels pays?
Charley : Déjà en Asie, en France le 13 novembre et on est en pourparler pour l'Europe et les Etats-Unis.
Ben : On a plusieurs propositions mais on veut choisir la meilleure pour ne pas recommencer les erreurs du passé. Car on s'est séparé de nos musiciens mais aussi de notre maison de disque, on voulait arrêter et eux aussi.


Justement, l'album sort le 13 novembre, nous sommes le 30 octobre, qu'est-ce que ça vous fait que votre album soit déjà disponible sur Internet
Charley : Bah ça fait pas plaisir mais on essaye de rester positifs et de se dire que les gens qui le téléchargent le découvrent comme ça et l'achèteront après... Ban : De toutes façons c'est pareil pour tout le monde, les maisons de disques ferment, les groupes arrêtent... Non mais on verra après sur scène s’il y a du monde qui se déplace et dans un sens c'est aussi un bon moyen de diffusion, on va pas cracher dessus, ça fait partie du système aujourd’hui donc il faut vivre avec.
Charley : Et ce sera peut-être des gens qui viendront nous voir en concert.


L’album a été enregistré dans quatre pays différents, France, Allemagne, Finlande et Etats-Unis. Est-ce un choix ?
Ben : Oui effectivement, on a voulu bosser avec les meilleurs.
Charley : Les meilleurs dans leur spécialité.


Et ça ne vous a pas causé de problèmes d’organisation ?
Ben : C’est vrai qu’on perd toujours du temps à tout envoyer…
Charley : mais les gens étaient très professionnels et le dialogue très simple donc non pas trop.
Ben : Le truc dans Heavenly c’est qu’on a notre studio donc on bosse tout à notre rythme et après pour le mix et cætera c’est là qu’il faut envoyer pour le mastering en Finlande, le mix en Allemagne… Mais ce qu’on voulait de toute manière, c’est que le résultat soit au top.


Donc pour la collaboration avec Tony Kakko, il a enregistré chez lui en Finlande ?
Ben : Oui dans son studio, de toutes façons on l’avait vu en France à Montpellier et on s’était mis d’accord et il savait que si on devait enregistrer quelque chose ensemble ça serait chacun dans son coin. Il ne pouvait pas revenir en France, ça faisait trop de frais…
Charley : Et puis lui était super pris, il était en tournée avec Sonata Arctica, il valait mieux faire comme ça.


Comment l’idée vous est-elle venue ?
Charley : On avait enregistré une maquette de trois morceaux et quand on réécoutait “ Wasted Time ” on se disait “si c’était chanté par untel ”, et si, et si… A un moment donné on s’est dit qu’il fallait arrêter avec nos “si ”, on a décroché notre téléphone et on savait que ce passage là, Tony le sublimerait.
Ben : Et lui était super emballé, il est fan du groupe. On est assez connus donc quand on lui a dit Heavenly, il savait qui c’était.
Charley : Il faut dire que ce morceau est parfait, enfin on ne peut pas être très objectif mais même le petit passage sur lequel on fantasmait avec le chant de Tony Kakko on l’a eut.


Justement en parlant de guest, Kevin Codfert fait un solo sur l’un de vos morceaux. Etant donné que sur votre nouvel album, vous avez fait une reprise de “ When The Rain Begins To Fall ” et qu’Adagio sur le leur, en a fait une de “ Fame ”, Je me demandais si c’était pour instaurer une nouvelle mode ou encore si vous aviez fait une soirée “ Flashdance ” tous ensemble…
Ben : Non mais on aurait pu (rires). En fait on n’en a pas discuté avec eux et c’est quand on a vu Kevin qu’il nous a parlé de leur album et de la reprise de “ Fame ”. Bon nous ça nous a fait rigoler, ça faisait longtemps qu’on voulait reprendre “ When The Rain Begins To Fall ” mais on était sûr qu’on allait nous le ressortir en interview.
Charley : Mais ce qui est marrant c’est que plein de gens pensent que c’est du Heavenly.


Pourquoi cette chanson en particulier ?
Ben : Je l’ai découverte sur M6 il y a trois ou quatre ans de ça quand ils faisaient leurs émissions sur les années 80 où ils repassaient des vieux clips par année.
Charley : Et c’est un morceau porteur, dès qu’on l’entend, on sait qu’il y a quelque chose à en faire et ce qui était drôle surtout c’était de faire l’adaptation parce qu’on voulait faire quelque chose à notre sauce.


En parlant d'Adagio, vous êtes comme eux un groupe assez controversé...
Ben : Adagio? bah en tous cas ça les empêche pas de vendre.

Quelle en est la raison d'après vous?
Ben : Il y en a plusieurs, la première c'est qu'on est français.
Charley : D'ailleurs on est critiqués que par les Français, en Allemagne personne ne nous critique, en Espagne et en Finlande on nous aime bien et on vend beaucoup.
Ben : En France on sait pas pourquoi mais les gens ne nous aiment pas beaucoup, j'ai été souvent critiqué sur scène mais ça je le comprends puisque au début je n'étais pas au top alors qu'on avait une grosse prod allemande derrière. Là on a acquis de l'expérience donc j'espère que ça changera même s’il y aura toujours des gens pour nous détester comme on en a encore eu la preuve aujourd'hui avec des choses qui nous reviennent aux oreilles. Mais maintenant on en rigole.
Charley : En tous cas nous on est fiers de ce qu'on a fait et c'est ça le principal, quand on se réveille le matin on se dit qu'on est fiers de nous et de notre album.
Ben : Après on a des détracteurs qui disent “Ouais ils se la pètent“ et tout...
Charley : Mais dès qu'on s'expose on prend des risques. On a choisi de faire ce qu'on aimait dans la vie et ça fait des jaloux.
Ben : Non mais ça nous fait rire surtout parce qu'il y a surtout des français, je ne dis pas qu'il n'y a pas d'allemands qui ne nous aiment pas mais ils ne sont pas aussi virulents.
Charley : C'est monstrueux les Français.


Donc tu penses que c'est un handicap d'être français?
Charley : En France oui, surtout que tu entendras le même discours venant de chefs d'entreprises parce que les Français pour adhérer à quelque chose ont besoin de cette touche d'exotisme. J'aurai adoré me présenter comme un groupe finlandais, tout reprendre depuis le début, car je suis sûr qu'on n'aurait pas cette image là.
Ben : Je sais qu'on a rien inventé mais peut être qu'on ne dirait pas qu'on fait mal du Gamma Ray ou mal du Helloween.


Justement, musicalement le dernier album est légèrement plus rentre dedans que les précédents, y a t-il une raison particulière?
Non, juste une question d'humeur, on savait dès le début qu'on voulait quelque chose de plus hard, même dans ma voix. On a bien sûr gardé la mélodie car c'est ce qu'on aime mais ce qu'on a voulu c'est que quand c'est violent, c'est très violent et on ajoute de grosses orchestrations quand c'est mélodique.

Est-ce que vous écoutez un peu de Métal extrême?
Ben : Tu parles de Death Métal tout ça?
Charley : Avant de rentrer dans Heavenly j'ai joué cinq ans dans un groupe de Black Métal, à l'époque j'écoutais Emperor, Sepultura.... Dark Funeral.
Ben : (rire) moi j'ai écouté un peu de Death, Canibal Corpse et tout mais ça a été très très court car il me manquait le côté mélodique.
Charley : Ca correspondait surtout à un âge où tu es énervé...
Ben : Tu fais ton rebelle, tu t'en fous plein la tête mais après tu te mets un Queen dans la platine et c'est quelque chose d'autre. Après on critique pas les gens s’ils aiment l'extrême ils font ce qu'ils veulent.


Et hors Métal vous écoutez quoi?
Ensemble : De tout.
Charley : En fait on écoute plus trop de Métal, on est fans absolus de Queen, sinon je suis un fan de guitare gitane et de flamenco.
Ben : Moi de musique électronique...
Charley : Y a même du rap que j'adore...
Ben : et la variété française que je trouve énorme.


Justement il y n’aurait pas une petite référence à Polnareff sur le dernier titre de l'album?
Charley : C'est dingue ça tu peux pas y couper
Ben : Franchement je n'y avais pas du tout pensé quand je l'ai fait mais tout le monde me l'a dit, les membres du groupe en premier. Une voix de tête un piano ça fait Polnareff, ça me fait rire.
Charley : Tu aurais parlé sur une guitare ça aurait fait Renaud (rires)
Ben : Non mais c'est vrai que même la mélodie est très proche je te l'accorde mais autant je fais volontairement des clins d’œil à Queen autant là c'était pas volontaire. Par exemple dans “Virus“ tu as “Bohemian Rhapsody“.
Charley : Sinon Polnareff je vais le voir en concert en mars 2007 à Bercy.
Ben : Ah bon? T’as intérêt ça fait longtemps qu'il est pas passé. Il y a encore des places?


Non c'est complet.
Ben : Arf !Dommage, il passe pas dans le sud?
Charley : Laisse tomber j'y suis allé trois semaine après les mises en vente je me suis presque fait insulter “Vous croyez que vous aller trouver une place?“ mais bon je l'ai. Tu y vas toi?


Oui. D'ailleurs quel est le dernier concert auquel vous ayez assisté?
Ben : Wouaou! putain je ne vais jamais aux concerts je déteste ça. Je crois que c'est Maiden.
Charley : Pour moi ça doit être Maiden en 99.
Ben : J'ai une excuse j'habite dans le Sud de la France près de Toulon, j'ai rien.


Il y a du Black Métal à Toulon.
Ben : Voilà mais ça me fait peur.

Pour revenir sur l'album, vous êtes plus “Virus“ d'Iron Maiden ou de Luca Turilli's Dreamquest?
Ben : Je ne sais pas j'ai pas écouté celui de Luca.
Charley : On va dire Maiden car ça reste un groupe énorme.
Ben : Ah non le “Virus“ de Maiden est trop pourri alors je vais dire Luca parce qu'il est tout gentil et que je l'aime bien.
Charley : Je sais qu'il aime les grattes dans Heavenly, c'est tout ce que je sais.


Vous pensez quoi du succès de Fred avec Dragonforce?
Ben : Tant mieux pour lui...
Charley : Par contre si je peux me permettre c'est du gâchis parce que c'est un très bon guitariste et qu'il se mette à la basse ça me fait pleurer. C'est un ami d'enfance, on a grandi dans la même ville, on se connaît depuis qu'on a 13 ans, il sait très bien ce que je pense de lui et voir un talent pareil jouer de la basse ça me fait mal au cœur... Mais je suis tout de même très content pour lui.


Quel est votre plus grand rêve en tant que groupe?
Charley : Aller le plus loin possible.

Une salle de concert en particulier?
Ben : Bercy, le Stade de France ou même déjà un Elysée Montmartre bien rempli ça fait plaisir. Ou alors j'aimerais me faire un gros Wacken.
Charley : Et visiter les pays qu'on a jamais visités, c'est à dire Japon et outre-atlantique.
Ben : On pourrait le faire d'ailleurs, va falloir négocier.


Vous avez une tournée de prévue?
Ben : Une tournée française en février, on est en discussion avec le Japon et on est en train de prévoir une tournée européenne mais là on ne sera peut être pas en tête d'affiche, mais on pourra sûrement passer en tête dans certains pays.
Charley : Surtout qu'on peut pas encore savoir, l'album sera peut être un flop total ou un succès énorme. Il y aura sûrement Paris, Lyon, Lille, peut être Montpellier si on n’est pas malade...


Donc ton pire souvenir de concert c'est Montpellier?
Ben : Non, c'était la veille à Milan, j'ai craché du sang sur scène parce que ça faisait une semaine que je traînais l'œdème. On avait annulé en Suisse mais j'arrive sur scène en Italie et là c'était la fin du monde. Le pire c'est qu'en face de moi j'avais un métalleux qui connaissait tout Heavenly, le mec poussait des notes vraiment super aiguës, il était vraiment à l'aise, il assurait comme un fou et moi j'en mettais pas une dedans, j'aurais mieux fait de lui passer le micro.

Quelle est la principale qualité du groupe selon vous?
Ben : D'être jeune.
Charley : Moi je dirais l'ouverture, on est très ouverts musicalement et on a des influences très diverses, on vient tous d'un univers différent, le mélange est plutôt sympa.


Et le principal défaut?
Ben : On est français, sinon on va dire le manque d'originalité.
Charley : Si tu veux même si je ne suis pas d'accord


Vous acceptez cette critique?
Charley : Non, on va pas polémiquer mais on a rien inventé musicalement depuis vingt ans mais je crois que les autres groupes sont plus discrets que nous en ce qui concerne leurs influences. Aucun groupe n'a rien inventé, donne-moi une demi-heure et je te le prouve par le solfège et la théorie.
Ben : Mais en même temps on fait un sampler sans nom et tout le monde devine que c'est Heavenly mais bon on s'en fou, on a tous des influences et voilà.


Qu'est ce qu'on peut vous souhaiter pour le futur? Encore beaucoup d'albums et beaucoup de concerts?
Charley : Surtout beaucoup de concerts, là on est fiers de la théorie avec notre dernier album, va falloir passer à la pratique. Et on a été frustrés de ne pas tourner avec le dernier album donc on a accumulé beaucoup d'énergie.

On va donc dire à tous vos fans de venir sur la première date où vous allez sûrement tout donner.
Ben : Alors là ce sera même pas la peine, comme quelqu'un qui n'a pas fait l'amour depuis deux ans (rires).

Votre dernier mot?
Charley : Passez à travers les préjugés et tendez une oreille.
Ben : On espère que vous aimerez ce dernier album autant que nous et on se retrouve sur la route en 2007.


Ah oui j'ai oublié la question la plus importante. Ben, tu es fan d'M&M's c'est ça?
Ben : Non! J'aime pas les m&m's!
Charley : Tu connais Guillaume ou Lionel?
Ben : En fait on est parti jouer en Hollande y a un an ou deux, j'étais avec eux dans la bagnole et ça puait la cacahouète, c'était horrible et ils me crachaient des cacahouètes à la gueule. Depuis j'ai une phobie des m&m's, les bleus surtout.


Donc ceux qui n'auront pas aimé l'album au lieu de vous jetez des tomates vous jetterons des m&m's bleus sur scène.
Ben : Ah non il ne faut pas donner de mauvaises idées comme ça, c'est bien le genre de truc qui peut m'arriver. Oui ils peuvent mais il ne faut pas.

Sur cette brillante idée merci!
Ensemble : Merci à toi également.

 

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