Les acteurs de l'ombre

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Sombre Chemin (Vilwolfheim et Weltauschauung)

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1. Salut à toi Vilwolfheim ! Sombre Chemin a plus de 5 ans d’existence au sein de la scène underground française et s’est taillé une bonne réputation au fil de nombreux releases. Tu sembles avoir noué de nombreux contacts, notamment grâce à une foultitude de splits avec de tout aussi austères formations. Est-ce important pour toi de fédérer la scène UG par un tel activisme musical ? Quel regard portes-tu sur ce passé ? Es-tu satisfait par la réception de ton œuvre ?
Vilheim : Salutations ! Il est vrai que nous avons fait un certain nombre de split depuis quelques années, mais cette tendance va s’inverser dans les années à venir. Nous préférons nous pencher sur des albums, voire des Mcd plutôt que des split. Le meilleur moyen de fédérer la scène je pense c’est plutôt dans les compilations que cela se réalise. Pour ce qui concerne le passé de SC, je suis assez satisfait du parcours réalisé, même si certains enregistrements auraient mérités d’être plus paufiné. Je suis assez satisfait de la manière dont le groupe est perçu, mais nous sommes loin de faire l’unanimité, surtout en France.

2. J’aimerais revenir sur la gestation de Sombre Chemin. Peux-tu m’expliquer ce qui t’a poussé à t’exprimer par la voie du black metal, et quelles sont les instances qui t’y ont poussée ?
V : J’ai choisi de faire cette musique car elle est intense et me permet de m’exprimer sur le plan musical de la manière la plus primitive. Le black metal est une musique riche en émotions, une belle évocation de la nature profonde de l’Homme et de son environnement.

3. J’ai lu dans une précédente interview que le choix du nom avait été inspiré par la pochette de Hvis Lyset Tar Oss, réalisée par le grand Kittelsen. Peux-tu nous en dire plus ?
V : En effet, j’apprécie beaucoup ce tableau de Kittelsen, comme la majeure partie de son œuvre. Le nom « Sombre Chemin » est en partie une analogie c’est vrai à ce tableau utilisé par Varg sur Hvis Lyset Tar Oss, où l’on voit un chemin sinueux dans une forêt, et puis ce corps, dans le bas côté ; Ca colle totalement à l’esprit du groupe.

4. Parlons musique. Ton œuvre s’apparente à un black metal exceptionnellement sombre, qui confine parfois, à mon humble avis, à une sorte « d’autisme » musical. Personnellement, j’aime beaucoup et je qualifierai ta musique de totalitaire parce qu’elle ne laisse à l’auditeur aucun libre arbitre, aucune respiration. Tes morceaux sont fermés et impraticables, ils se déploient comme de véritables prisons, austères et vides d’émotions. Est-tu d’accord avec cette définition ?
V : J’aime assez ta définition que je trouve en tout cas très personnelle ! Au moins, je vois que ma musique ne laisse pas de marbre, et j’en suis bien content. Cependant, je ne suis pas d’accord avec ton « vides d’émotions », car justement j’essaye au mieux de procurer à l’auditeur le maximum d’émotions, qu’elles soient haineuses ou nostalgiques par exemple.

5. La musique de Sombre Chemin me semble excessivement dépouillée, voir décharnée, abrupte et parfois quasi expérimentale, « artisanale » au sens pure du terme. Quel est ton processus de composition ? Te mets tu dans certaines conditions pour créer ta musique ? Quelles sont tes sources d’inspiration, littéraires, musicales ou autres ?
V: Je commence toujours par enregistrer la batterie en premier, puis je rajoute les autres instruments, tout ça dans mon home studio. Le chant est enregistré en dernier, en studio depuis plus d’un an. Je ne me mets pas spécialement en condition pour enregistrer, mais quand je suis plongé dedans, je m’arrête plus ! Mes sources d’inspiration littéraires sont Savitri Devi, Julius Evola, Robert Dun, St Loup, Léon Degrelle, Leconte de Lisle… Pour ce qui concerne la musique : Burzum, Abigor, Darkthrone, Bilskirnir, Infernum, Katatonia, mais aussi le RAC, la musique médiévale et folklorique, le Neo Folk… Evidemment l’actualité et ma vie de manière générale influence aussi sur ma musique !

6. La voix de Weltauschauung est tétanisante de haine et de froideur. Je trouve qu’elle s’oriente parfaitement entre une voix éraillée à la Vikernes et un timbre plus grave, plus ouvertement guerrier. Comment as-tu recruté cet instrument de propagande ? Quelle est la nature de ton travail avec lui ? Peux-tu nous en dire plus sur ce pseudo qui évoque apparemment, le « sensitivisme » des romantiques allemands ?
V : En fait, c’est moi qui fait les cris à la Varg, et Weltanschauung donc le timbre plus grave. Nous nous connaissons depuis à peu près 4 ans, et ayant des problèmes de stabilité au niveau des chanteurs, nous nous sommes décidez à travailler ensemble. Nous sommes amis avant d’être collaborateurs dans le groupe, nous avons donc beaucoup de dialogues pour essayer d’être au mieux en harmonie musicale. W: Personnellement je ne vois pas en quoi le pseudo évoque le “sensitivisme“ des romantiques Allemands. La traduction de ce mot est à peu près “vision du monde“, un mot que je croise souvent lorsque je lis. Et Sombre Chemin n'est-il pas un groupe qui parle de sa vision du monde?

7. Même s’il convoque de très anciennes racines, le black metal, en tant que genre, est historiquement une des musiques les plus « jeunes » qui soit jouée actuellement. D’autre part, c’est un genre qui est porté esthétiquement par le mal, la haine, la dépression, par tout ce qui constitue le cœur pourri et la face noircie de la race humaine. C’est là en tout cas ma définition : un creuset d’ordures. Ne penses-tu pas qu’il y ait une contradiction entre la nature viscérale de cette musique et l’idéologie identitaire dont tu te réclames, qui fait appel à une gloire passée et à une nation saine et forte ? Pour ma part je pense précisément que c’est une définition de l’artiste : une oscillation constante entre la misanthropie et un humanisme idéologique radical. Es-tu d’accord avec moi ? La noirceur de ta musique réside t-elle simplement dans la mélancolie liée à une époque rêvée, ou dans une haine de ton prochain que tu vis au jour le jour ?
V : Tu as une vision assez correcte des choses, cependant permet moi de rajouter que je n’ai jamais vu le BM comme « un creuset d’ordures ». Pour moi, la notion d’élitisme est intimement liée à cette musique bien que nombreux sont ceux à rabaisser le niveau intellectuel du milieu. En fait, ma musique est à la fois une nostalgie non passéiste d’une époque passée et aussi une haine du monde moderne et cette décadence ambiante qui y est liée. A la fois passé et présent pour mieux appréhender le futur… W: A mon sens, le Black Metal est une résurgence atavique de l'esprit Européen étouffé par des siècles de subversion étrangère. Cet esprit Européen ignore la notion étrangère de bien et de mal, il est “par delà le bien et le mal“. Comme Varg Vikernes l'avait dit à propos de la signification du mot Burzum, il représente l'obscurité pour certains, et la lumière pour d'autres. C'est dans ce sens qu'il faut voir les choses.

8. Quel regard portes-tu sur l’actuelle scène black metal, et notamment sur l’évolution de la scène française et norvégienne ? Quels sont les groupes que tu écoutes actuellement ?
V : La scène BM actuelle est gangrénée par des parasites qui veulent s’approprier un style qui leur est en fait totalement étranger. Il existe néanmoins d’excellents groupes en Europe de l’Est, Allemagne, Amérique, Hellade… En ce moment j’écoute Leichenzug, Pantheon, Velimor, Grand Belial Key’s, Morrigan, Mütiilation (old), Horna, Ildjarn…

9. A propos de tes textes : ils semblent embraser, depuis ta première demo, la culture européenne dans son intégralité, voir la culture indo-européenne, avec des références nettes à l’animisme et aux anciennes civilisations. Qu’est-ce qui t’inspire au juste dans le paganisme, et cette unité européenne allégorique ?
V : Le paganisme est la religion naturelle de l’Homme. Il est donc tout à fait normal pour moi d’y faire de nombreuses références, en opposition avec le monde actuel corrompu par l’argent et d’autres valeurs totalement étrangères à notre atavisme européen. Il existe en effet une réelle unité au sein du paganisme européen ; il n’y a qu’à comparer le paganisme greco-romain avec le paganisme nordique et avec l’hindouisme ou le paganisme slave pour se rendre compte qu’a la base il y a une racine commune et que les différences ne viennent se rajouter que par la suite. Le divin dort dans la pierre, respire dans la plante, rêve dans l'animal et s'éveille dans l'homme…

10. On sent, notamment dans ton dernier LP, Durch Ruinen…, une admiration pour l’Allemagne et le Troisième Reich. Ne penses-tu pas qu’il a été fortement idéalisé par les musiciens de black metal, notamment au niveau de son obédience pour un renouveau païen qui est resté en réalité relativement discrète par rapport au catholicisme et au sens de commun alors de vigueur ? N’est-ce pas seulement, pour les chantres du NSBM, un simple objet de fascination, parce qu’il représente le mal ultime, au même titre que le suicide ou Satan pour les groupes satanistes ?
V : « Durch Ruinen… » est un concept sur la Deuxième Guerre Mondiale, et représente donc une continuité de la tape « Nacht und Krieg ». Il s’agit donc plutôt de morceaux composés à partir d’émotions et de réflexions sur cette période de l’Histoire. Concernant le Troisième Reich, Hitler était païen, tout comme Hess ou Himmler par exemple. Certes, un certain nombre de compromis ont été réalisés avec l’église catholique, mais les fondements et les ambitions du mouvement sont restés païens. Il est indéniable que certains dans le BM utilisent l’imagerie du Troisième Reich, et surtout sont fascinés par le côté destructeur. Mais la majeure partie des groupes dits « nsbm » font référence au Troisième Reich, comme ils peuvent faire référence à la Grèce Antique ou aux tribus indo-européennes préchrétiennes. En fait, c’est une période historique utilisée pour montrer la Volonté de puissance du peuple européen, et l’unité que celui-ci peut avoir, plus particulièrement dans les références à la Waffen SS, qui était je le rappel, une armée européenne, composée d’européens de beaucoup de pays, de l’Est comme de l’Ouest, du Nord comme du Sud (à l’inverse de la pseudo unité actuelle dans le cadre de l’Union Européenne).

11. Penses-tu réellement que le combat des « néo païens » et des euro-centristes ait une seule chance de réussir dans notre Europe pourrie de l’intérieur par le libéralisme ?
V : Robert Dun a dit : “Acceptez le fait que nous vivons une fin de civilisation, que nous ne devons rien faire pour tenter de sauver le monde actuel mais tout faire pour augmenter nos chances de lui survivre et d'être les modellateurs de l'avenir.“ Voilà ma vision des choses. D’une part, l’enjeu essentiel -le vrai combat- c’est de préserver le sang de son peuple pendant qu’il est encore temps, avant que l’humanité ne devienne une masse sans identité et décérébrée, dans un chaos multi-racialiste déraciné de la réalité, mais bien enraciné dans la société capitaliste et libérale. D’autre part, l’enjeu est mondial, même si je me préoccupe plus particulièrement de l’Europe évidemment. Les fervents défenseurs du métissage sont les premiers à être raciste, à vouloir uniformiser le monde dans un melting pot généralisé, au dépend des cultures et traditions locales.

12. Est-ce que pour toi, dans ce cas, la musique constitue avant tout un instrument de propagande ?
V : Evidemment ! Qui n’a pas utilisé la musique pour faire passer un message, et ce, même dans d’autres musiques que le metal ?!! Quand on sait ce que certains font passer comme messages, en plus sur des radios où des millions de personnes écoutent, ça fait peur ! Surtout quand on voit les effets sur ces dernières…et pas seulement avec le rap ! Enormément de groupes de BM avant nous se sont servi de la musique pour faire passer un message, et d’ailleurs, c’est surement l’intérêt véritable de cette musique. Dans les années 90’, il n’y avait pas tout ce blabla autour de ça, et je suis sur que le développement d’internet a contribué a rendre politiquement correct le BM et surtout a exiger à ce que cela soit comme tel ! Beaucoup de groupes présents dès le début du BM ont reniés leurs idées d’origine, mais quelques uns continuent à être fidèles à l’idéologie initiale.

13. Il me semble que tu vis en banlieue parisienne. Quel regard portes-tu sur les derniers évènements qui s’y sont déroulés, et leur médiatisation ?
Les évènements qui se déroulent (et pas uniquement dans la région parisienne) sont tout à fait normaux, et ne me surprennent pas du tout ! C’est une prémice à une guerre civile raciale et non sociale comme les médias veulent faire croire aux gens. Comment encore penser que ces évènements reflètent des revendications sociales alors que ces « jeunes » détruisent les entreprises embauchant certains d’entre eux ! Tout ça nous montre l’utopie de l’intégration et de l’acharnement à vouloir faire cohabiter des populations trop différentes culturellement. Par ailleurs, je n’écoute pas tout ce que les médias racontent, car nous savons qu’ils nous font penser ce qu’ils veulent et manipulent aisément l’information à leur profit.

14. Pour finir, j’aimerais savoir ce que t’évoquent les noms et mots qui suivent :
Varg Vikernes V : L’une des personnes la plus importante du mouvement. Sans lui, beaucoup ne seraient pas là, et pourtant, c’est fou de voir comment il est critiqué de nos jours par un certain nombre de personnes ! Savitri Devi V : Indéniablement la plus grande Dame du XXe siècle ; visionnaire, très bon écrivain, cultivée et engagée jusqu’au bout de ses idées. Les Légions Noires V : Une époque révolue et excellente musicalement. Mütiilation fait n’importe quoi maintenant, en plus signé sur l’ignoble label ordéalis… L’OLP V : Il est tout à fait légitime que les arabes aspirent à être tranquilles chez eux. Surtout quand les juifs reviennent après une très longue absence sur leurs terres… Identité nationale V : L’identité d’un peuple est le principe même de sa diversité et de son caractère unique. De plus, l’identité n’est pas définit à l’échelle nationale, mais bien à l’échelle régionale. Je trouve donc que ton terme « identité nationale » n’est pas utilisé à bon escient ; tout du moins, concernant la France ou les pays voisins.

Merci à toi Vilwolfheim ! Le mot de la fin t’appartient, comme de coutume…
V : Merci pour ton interview qui fut très intéressante.
 

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