Les acteurs de l'ombre

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

Koritni, entretien avec Lex Koritni

Envoyer Imprimer PDF

Le plus français des groupes australiens cartonnent avec ce qui pourrait bien être la révélation rock de l’année 2012 « Welcome to the Crossroads ». Acclamé par les médias et le public, Koritni a mis le feu au Divan du monde en guise de teaser avant leur retour sur la mainstage du Hellfest. En guise de consécration, le groupe ouvrira pour Scorpions à Nancy pour leur tournée d’adieu. Avec ce troisième album sorti sur Very Records, ces mousquetaires deviennent la nouvelle référence du heavy metal français. Entretien avec le d’Artagnan du groupe, Lex.


- Alors parles-tu français maintenant ?

Lex : Oui un petit peu, j’apprends tous les jours pour obtenir un VISA pour vivre quelques années avec ma femme française à côté de Cognac.

- N’était-il pas difficile d’être un groupe métis de deux pays aussi éloignés ? Sydney-Paris, ce n’est pas la porte à côté pour composer ?

Lex : (Rires) Non ! Et le plus ironique dans tout ça, c’est qu’aujourd’hui, je vis en France et Eddy s’est installé à Sydney pour le boulot ! Il a beaucoup plus d’opportunités là bas, nous n’avons que 2% de chômage alors qu’en France…waouh !

- « Welcome to the Crossroads » a largement été acclamé par tous. Ce troisième album se divise en deux types de compositions : la critique des médias et les chansons d’amour, non ?

Lex : Ce n’est pas faux. Le titre acoustique « Hold on » déjà présent sur l’album acoustique a été composé et écrit par Eddy, qui a ensuite conçu une version électrique. « Lost  for Words » parle de ce sentiment que l’on éprouve quand on aime tellement quelqu’un et que l’on en perd son propre langage. On ne sait plus comment dire qu’on l’aime. « Money talks,it says goodbye » est une rock song un peu cliché sur la manière stupide que l’on peut dépenser son argent. J’ai écrit ces chansons sur une période d’un an et demi. Tu composes sur le moment, lorsqu’un truc te rend fou ou autre et puis six mois après cette colère tu l’as oublié, ce qui donne un album assez éclectique en somme !

- Comment as tu convaincu Jeff Soto et Jeff Waters d’Annihilator et Rusty d'Electric Mary de jouer sur l'album?

Lex : J'ai rencontré Rusty et les gars d'Electric Mary, il y a déjà quelques années sur une tournée. Quand je l'ai appelé pour jouer sur l'album il a tout de suite été emballé. En réalité, tout a été mise en place il y a à peine six mois, quand Electric Mary est venu jouer à Cognac. J'ai envoyé un email à Rusty pour me mettre sur la liste des invités, il m'a répondu "tu te fous de moi ou quoi? Tu vis à Sydney", il a halluciné quand je lui ai révélé qu'en faite j'habitais maintenant juste à côté. Jeff Scott Soto, Je l'ai rencontré, il y a environ cinq ans. Nous avons bu des bières, parler de tout et de rien, de problèmes de musiciens. Nous avions gardé contact par email. Je lui ai demandé s’il voulait bien chanté avec moi sur "Down at the Crossroads"et il a accepté. Pour Jeff Waters c'était autre chose parce que je ne l'ai jamais rencontré."King of the Kills" est un de mes albums préférés. J'ai demandé à Mike Fraser s’il avait son email parce qu'ils se connaissent, ils sont du même coin. Alors je lui ai écrit un mail de trois kilomètres: "Salut Jeff, je suis un grand fan, j'adore ta musique, j'adore King of the Kills, j’ai acheté le CD, je ne l'ai pas téléchargé, je serais très honoré sur tu voulais bien être un guest sur mon album, voici le titre "Tv's just a medium". Sa réponse m'a quelque peu interloqué: "Bon il y a deux problèmes: un je suis en vacances, deux le solo de guitare n’a pas de quoi casser deux pattes à un canard". Je ne comprenais pas je lui ai dit "ok, dis moi quand tu reviens de vacances et si le solo ne te plaît pas on peut toujours le refaire". Le hic c'est que ses vacances finissaient la veille de la date du mixage. Il m'a envoyé le solo de guitare, nous n'avions que trois heures pour le finaliser et l'envoyer au mixage. C'était très chaud mais tout s'est bien passé au final, ce fût une divine providence!

- De quoi parle ce titre d'ailleurs "Tv's just a medium"?

Lex : Ca parle de tous ces trucs qui nous déconnectent de la vraie vie. Je dois t’avouer quelque chose, je déteste Facebook, Twitter et toutes ces autres conneries de réseaux sociaux qui ne servent qu’à parader et à raconter des futilités ! J'ai une page Facebook comme pas mal de gens dans le monde mais je dois avoir vingt cinq amis qui sont vraiment mes amis des gens à qui je parle. Je déteste voir des trucs comme "Je suis allé au supermarché acheter des chips «et tu en a un qui like ça! Ce sont des conneries, ce n'est pas du contact ni même une relation humaine. Je hais le fait que les gens peuvent ressentir ce site comme une interaction réelle. Le plus terrible maintenant, c'est avec les I phones, les gens sont totalement scotchés dessus même quand ils sont vraiment avec leurs amis ils ont les yeux rivés sur leur téléphone pour savoir ce qui se passe sur Facebook.

- Les autres membres du groupe ont d'ailleurs plus participé à la composition de "Welcome to the Crossroads"?

Oui, Luke a composé "Sydney in the Summertime". Il a été très occupé cette dernière année avec d'autres groupes et il n'a pas eu beaucoup de temps de bosser sur les compos. Eddy a repris son titre "Hold on" et nous avons composé quelques titres. Nous avons habités ensemble pendant deux ans à côté de Sydney, et comme on alternait les boulots pendant notre temps libre. Il n'y avait rien d'autre à faire qu'écrire. Donc nous avons emmagasinés pas mal de titres.

- Il y a des titres aussi beaucoup plus bluesy comme "Take it like a man". Quels sont vos influences en la matière?


Nous sommes des grands fans de Robert Johnson. Nous nous sommes fait toute une rétrospective pendant un moment. "Down at the Crossroads" est comme un hommage à cet artiste. Nous avons aussi pas mal d'influences de country/blues sud américain sur cet album.

- Quel est le genre de musique que tu écoutes auquel on ne s'attendrait pas?


Lex : Je déteste la techno mais j'écoute de l'électro comme Jean Michel Jarre et Tangerine Dream. C'est deux artistes m'ont vraiment aidés à ne pas devenir fous pendant les sessions d'enregistrements. Il y a des jours où on enregistrait la basse ou la batterie pendant douze heures d'affilés. Ensuite, je le reprenais et les mixais comme je suis aussi coproducteur de l'album. Alors à la fin de la journée, je peux te dire que je ne pouvais plus entendre de guitares ou du rock'n'roll. Alors je mettais du Jean Michel Jarre dans ma voiture et c'était comme libérateur, j'avais l'impression d'être dans une sorte de coma salvateur.

- On parle souvent du troisième album comme celui de la maturité. Koritni a trouvé son identité, vous devenez votre propre influence. Avec Welcome to the Crossroads confirmez vous cette hypothèse?

Lex : Oui, je crois que c'est important de le souligner. Au bout du troisième album, c'est un peu critique de lire que l'on sonne comme AC/DC ou les GUNS.Je suis heureux que nous soyons arrivés à ce niveau et nous allons tenter de maintenir le cap.

- Avec un album pareil, on se demande bien pourquoi vous n'êtes pas plus célèbres qu'Airbourne!

Lex : (Rires) C'est aussi une question de budget. Ils possèdent pas de mal de sponsors et ils le méritent bien parce que c'est un putain de groupe et ce sont des gars vraiment très cool. J'appel Joel O'Keefe quand lui ou moi on revient à Sydney, on va boire des bières ensemble. Ils ont pas mal de soutien financiers et publicitaires ce qui expliquent que on les voit beaucoup plus que nous mais ils le méritent bien. J'espère que notre nouveau contrat avec Very Record pourra nous apporter autant de possibilités pour Koritni. Que ça marche ou que ça ne marche pas, j'irais toujours à Jarnac me poser près de la rivière et pêcher.

- Tu aimes la vie à la française alors?

Lex : Oh que oui!

- C'est à cause de ça la moustache de d'Artagnan?


Lex : (Rires) Je n'en sais rien! Je n'ai pas trop de chance au niveau de mes cheveux, j'ai hérité de la masse capillaire de mon père qui est russe. Donc j'essaie de me rattraper sur la moustache! Et si en plus je suis comparé à un héros de la littérature français, c'est le bonheur! Un mousquetaire Rock’n’roll! Rendez-vous au Hellfest !

 
Bannière

Recherche

Twitter Image
Facebook Image



Partenariat

Petites annonces du forum