Les acteurs de l'ombre

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Necroblaspheme - XXVI : The Deeper - The Better

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L'année commence très bien avec ce nouvel EP. "XXVI : The Deeper - The Better" arrive donc à un moment crucial pour les inconditionnels de sensations fortes. Né en 2001, Necroblaspheme a connu des changements de line-up comme beaucoup de collectifs mais a toujours gardé le cap. Leur premier véritable album intitulé "Introducing Pure Violence" sorti en 2002 marquait les fondements d'un Brutal Death Metal destructeur et violent comme il se doit. Sept ans après s'était la parution de "Destination : Nulle Part" sur le label Polonais Agonia Records, où le reigne des blast-beats était la symbolisation de la dépravation de l'être humain avec un horizon musical toujours aussi radical avec l'introduction de quelques samples de temps à autres. Le son était de plus l'oeuvre de Xort au Drudenhaus Studio ce qui est un  gage de qualité incontestable.


Depuis toujours il existe un clivage entre ceux qui téléchargent et ceux qui achètent des CDs. Ici, le groupe propose en téléchargement libre et légal sur leur site ce nouvel objet depuis le 2 avril.  Pour les autres vous pouvez vous le procurer sous forme de Digipack ou le pack qui combine un Tee-Shirt et un CD.
Après un certain laps de temps de recherche de labels, le collectif a décidé de créer sa propre structure nommé Deeper And Sons pour sortir leur méfait en autoproduction. Ce nouvel objet a été enregistré chez Francis Caste au Saint Marthe Studio. Six compostions ornent cette déflagration sonore pour une durée de vingt-neuf minutes.
"Seated To The Left Of The Sick" reprend ce que son prédécesseur avait distillé : des grosses rythmiques remplies d'hargne et d'agressivité terrasssantes et tendues à l'extrême avec un soucis de la mélodie indéniable. Ces messieurs maîtrisent leur sujet de toute évidence.
La notion d'un feeling d'état d'urgence est déterminante puisque l'énergie proposée est éclatante de vitalité tout en étant très sombre à mon sens.
"I, Shemale" donne un son très précis et percutant aux rythmiques, la voix de Yann se veut rageuse et décharnée. Il parvient même à mieux moduler sa voix qu'auparavant. L'atmosphère récèle des intentions obscures.
Nos Franciliens ont même eu l'idée de lancer en plein milieu de cette galette une reprise de Simon And Garfunkel nommé "The Sound Of Silence" version blastée et froide au possible. Des influences typiquement Black Metal sont décelables dans cet univers apocalyptique qui mène vers rien ou alors plus précisement nulle part. Le côté ultra massif et implacable du répertoire est dû au gros son et à la brutalité exacerbée. Ce chaos metallique ne vous laissera aucune chance d'en sortir indemme car on sent un travail de recherche et un niveau professionnel déterminant. Necroblaspheme mise sur l'évolution de son Death Metal toujours très emprunt d'ambiances lourdes, suffocantes. Les tempos sont en règle générales très rapides avec quelques passages plus mid-tempos pour alléger leurs propos foudroyants.
La musique du Necroblaspheme crû 2012 apparaît de plus en plus schizophrénique à mon sens et cela donne du poids supplémentaire à leurs propos. Le non-être, ce qui n'existe pas, qui n'a pas de vie semble au centre des préoccupations du combo et nous invite à faire part naturellement de leur vision de la vie.
Et ce qui est surprenant c'est que cela peut être considéré comme une aide spirituelle  pour s'élever dans cette échelle sociale à partir de rien justement. Ce geste par lequel s'exprime la volonté de faire du mal se manifeste clairement par une colère salvatrice à plusieurs instants à travers ces montées en puissance grace à l'apport de blast-beasts du nouveau batteur issu de formations Belges assez reconnues telles qu'Enthroned et Leng Tché.

Pendant que l'attention Death Metallique et Metallique Française au sens large du terme est occupée par la troupe des Gojira, Dagoba, Benighted et autres Gorod, les Parisiens de Necroblaspheme espère d'une manière comme d'une autre en profiter pour s'infiltrer dans cette brèche qui s'est ouverte depuis peu et ainsi s'engager dans une poursuite de leurs efforts en matière de compositions et de concerts en bonne et due forme. Ce nouveau méfait va susciter - espérons-le - un nouvel intérêt pour eux . On peut dire que pour l'instant le groupe était resté assez réservé et sa médiatisation assez peu enclenchée. Ce retour est en tous cas est une surprise en ce début d'année 2012. Prenez le risque de vous égarer avec Necroblaspheme dans le néant. Cela vaut le détour, croyez-moi.


Tracklist :
1. Seated at the Left of the Sick
2. Human vs Humans : Last Exit
3. I, Shemale
4. The Sound of Silence
5. Vautour
6. The Great Dead Moose

 

 
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