Les acteurs de l'ombre

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U.D.O, entretien avec Udo Dirskchneider

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Le « Rev-Raptor » est le treizième album des allemands d’U.D.O sorti il y a à peine une semaine sur  AFM Records. A près d’un quart de siècle de carrière, il était temps de refaire un point avec le leader Udo Dirskchneider sur cet album mais aussi sa carrière et inévitablement Accept. Et à 59 ans tout rond, en ce jour de promotion, on peut dire que Mr Dirkschneider n’est pas près de tout accepter !



- Qui est le « Rev-Raptor » ?

UDO : Si tu cherches le « Rev- Raptor »  sur Internet, tu tomberas sur un personnage de comic-book. Pour le nom, « Rev » vient de « Revel » en anglais (ndlr. fête, festivités) et donc de « Raptor », un rapace. Mais son étymologie n’a vraiment rien à voir avec les paroles! Bien qu’on puisse garder « revel », vu que nous sommes des grands fêtards depuis quarante ans maintenant ! (Rires).Tu dois savoir faire la fête dans ce métier.

En ce qui concerne les paroles en elle-même, le «  Rev-Raptor » est un cyber-garde-frontière, chargé de faire la police et de maintenir l’ordre. Mais très vite, cette créature devient incontrôlable et dangereuse pour la société.

- A en regarder l’artwork, ce personnage est une sorte de mutation entre Freddy et Alex de l’Orange Mécanique sous fond d’ambiance BIG BROTHER, pourquoi ce personnage en particulier ?

UDO : Nous avons commencé à travailler avec ce personnage en 2007 sur « The Mastercutor » puis il a évolué sur «Dominator » (2009) et il est devenu « The Rev-Raptor » (2011). Il subit des sortes de métamorphose, je ne sais pas encore  ce qu’il va devenir sur le prochain album ! (Rires).

- D’où une musique de plus en plus acérée sur ces trois albums ?

UDO : Dans un certain sens, oui. Si nous rentrons dans le détail, nous voulions sur « The Mastercutor » des compositions plus modernes et accessibles, c’est pour cette raison qu’elles sont très lentes. Ensuite, avec « Dominator » nous sommes passés à la vitesse supérieure, d’où un rythme plus soutenu puis avec « The Rev-Raptor » nous nous sommes un peu lancés dans un projet expérimental. Il y a des chansons plus progressives mais nous avons tout de même gardé nos bases, la modernisation du son se fait surtout par les arrangements. Mais cette « expérience » ne concerne qu’une partie de l’album, c’était une sorte de test.
On passe de la ballade à des compositions plus agressives d’un titre à l’ordre, ce n’est pas vraiment dans la lignée d’U.D.O.
Tout le monde était très nerveux sur cette idée mais je crois que nous avons pris la bonne décision. Le public attendait ça de nous. Je pense que nous allons continuer sur cette voie sur le prochain album.

- Vous avez tourné la vidéo du premier single «  Leatherhead » à Nuremberg. Existe-t-il un symbole particulier entre cette chanson ou bien ton histoire personnelle et cette ville historique ?

UDO : A vrai dire, ce n’est pas nous qui avons choisis de tourner à Nuremberg mais la société de production. On leur a simplement dit que nous voulions tourner une vidéo « normale » d’heavy metal (rires).

- Alors pourquoi « Leatherhead » comme premier single ?

UDO : Au départ, quand nous avons terminé l’album, nous souhaitions que le titre éponyme « Rev-Raptor » soit le premier single mais nous n’étions pas sûr de notre choix. Donc, nous avons décidés de laisser le public choisir le titre qu’il préfèrerait en diffusant notre album en libre écoute. Et tout le monde était d’accord pour « Leatherhead ». Je n’étais pas trop d’accord au début mais il est vrai que c’est un titre atypique pour U.D.O, moderne et agressive.

 

- Toi qui fais partie des fondateurs du heavy metal allemand avec Accept, nous allons parler de tes premières fois.
Comment es-tu venu à cette musique ? Quelles ont été tes révélations rock/métal ?

UDO : (Rires) ! Petit cours d’histoire. Moi, à l’époque, on ne parlait pas de hard-rock, de métal ou d’heavy metal…mais de ROCK, tout simplement. J’avais quatorze ans et le premier groupe auquel j’ai vraiment accroché, c’était les Rolling Stones. Ils avaient l’air bien plus dangereux et provocateur que les Beatles ! Et bien sûr les grands de l’époque : les Who, Deep Purple, Jimi Hendrix... J’ai grandi dans une époque musicale formidable pour un adolescent.

- Parles-nous de ton tout premier groupe…..

UDO : J’ai commencé à l’âge de quatorze-quinze ans avec mon ami d’enfance. Il jouait de la guitare et moi aux claviers. Mais j’étais vraiment très mauvais (Rires) ! Nous n’avions pas de nom. Au début, c’était vraiment pour s’amuser, jouer à la fête de l’école et draguer les filles ! J’ai très vite laissé tomber le clavier pour me mettre au chant parce que vraiment c’était une catastrophe !

- Quand as-tu commencé Band X ?

UDO : A seize ans. C’était mon premier vrai groupe ; un guitariste, un bassiste, un batteur…mais c’était toujours un hobby, nous ne pensions pas devenir des musiciens professionnels. Nous avons commencé à jouer dans des auberges de jeunesse, des clubs rock à la mode et des petites salles. Et tout est parti très vite, je ne sais plus comment tout ça passé, nous avons gravis les échelons un à un, puis en 1971, j’ai changé le nom du groupe pour Accept.
Nous ne réalisions pas que nous nous transformions en musiciens professionnels (Rires) !

- Quand as-tu réalisé que tu étais devenu un musicien à part entière ?

UDO : Quand j’ai dû le dire à mes parents (Rires) ! J’ai eu vraiment beaucoup de chance parce que je viens d’un milieu ouvrier et mes parents m’ont toujours soutenu dans mes choix personnels et professionnels. Pourtant, il y avait de quoi s’inquiéter, des pauvres petits gars d’une bourgade allemande qui décide de consacrer leur vie à la musique en espérant faire carrière, c’était pas gagner !(Rires).

- Jusqu’à aujourd’hui regrettes-tu un choix ou une décision que tu as dû prendre dans ta carrière ?

UDO : (pensif) Honnêtement, dans ma carrière, j’ai eu des bons et des mauvais moments. J’ai eu ma part d'erreurs mais tu apprends toujours de tes fautes. Ça fait un paquet d’années que je suis dans ce milieu maintenant et tant que ma voix me le permettra, je continuerai à jouer avec U.D.O. Je suis vraiment chanceux, je n’ai jamais eu de problème, ni de maladie donc on croise les doigts pour la suite.  J’espère pouvoir encore jouer au moins dix ans avec U.D.O mais je peux t’affirmer que ça ne sera pas dans ACCEPT.

- Que penses-tu d’ailleurs du dernier ACCEPT « Blood of the Nations »?

UDO : C’est un bon album. Après dix ans de travail, ils ne pouvaient qu’offrir un bon album au public. Ils ont choisis un bon producteur, des bonnes  musiques et ils ont eus des retours plutôt positifs sur cet album. Le seul truc que je n’aime pas, c’est qu’ils en ont peut être un peu trop fait sur le marketing, pourtant leur tournée européenne a eu pas mal de succès je crois. Avant l’arrivée de Mark Tornillo, ils m’ont proposés de réintégrer le groupe. Wolf Hoffman (guitare) a ensuite dit à tout le monde que j’avais refusé mais c’est faux. J’ai simplement posé des conditions. Si je devais mettre encore une fois U.D.O de côté, il fallait crever des abcès et nous mettre d’accord sur certains points. Finalement, nous n’avons pas réussi à trouver un terrain d’entente.

- Quelles étaient tes conditions ?

UDO : L’une d’elle concernait Stefan. Je voulais absolument que Stefan Kaufman (ex-batteur d’Accept) réintègre aussi le groupe en tant que guitariste. Et Wolf et Stefan ne sont pas vraiment les meilleurs amis du monde…et je ne voulais pas rejoindre Accept sans lui. C’est dommage car je pense que j’aurais accepté d’enregistrer un nouvel album avec eux. Bref, j’ai laissé tomber car il y avait plus à perdre qu’à gagner.
Mais ce qui me dérange le plus, c’est que Wolf déclare sur tous les toits que j’ai refusé de revenir dans Accept. C'est totalement faux! Nous nous ne sommes plus jamais reparlés depuis cette histoire. Je ne comprends pas son attitude puérile et cette situation ne me plaît pas. Mais ce qui est sûr, c’est que JAMAIS je ne rejouerais avec Accept.

- Sans transition pour conclure cette interview. Es- tu toujours aussi proche de ton public russe ?

UDO : Oui je ne sais pas pourquoi le groupe à un tel succès en Russie, je ne l’explique pas. Je pense que quelque part, la musique d’UDO reflète l’âme russe. Je ne sais pas comment l’expliquer, c’est quelque chose de très abstrait, je crois qu’il faut se rendre là bas pour comprendre.
Nous tournons en Russie depuis 1980, c’est un pays immense. Tu peux organiser une tournée de trois, quatre mois. Nous jouons souvent dans des villes où nous n’avons jamais posés les pieds. Il y a quelque chose de fascinant dans ce pays. J’aime les gens, j’aime leur mentalité, ils sont vraiment très amicaux, ce qui n’est gagner quand on débarque et que l'on est un allemand ! (rires).

- Et de ton public français ? Quand viens-tu nous rendre visite ?

UDO : Les dates sont encore à confirmer avec notre tourneur mais je peux vous assurer que nous jouerons au moins deux fois chez vous !


Depuis cette interview, U.D.O a confirmé quatre dates en France : Paris, Nancy, Pau et Marseille en octobre 2011.

 
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