Les acteurs de l'ombre

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Black Label Society, entretien avec JD Deservio et Zakk Wylde

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La foule des fans de Black Label Society s’entassent devant la Cigale, munis de bières et de chaînes comme éléments de survie par le vent glacial en cette fin de février. Les bikers se mêlent aux aficionados de Zakk Wylde. La bonne humeur est de mise et tant mieux c’est une de leur devise ! La preuve par écrit avec l’interview de JD Deservio (basse) et l’intervention cocasse de Zakk Wylde !


- Prêt pour le concert de ce soir ?

JD Deservio : Définitivement ! Nous sommes tellement impatients ! On a attendu toute la journée pour vivre ce moment ce soir et partager ces instants pendant plus d’une heure et demie avec notre public !

- Quelle a été ta première révélation métal ? Le premier disque que tu as acheté ?


JD Deservio : C’était « Alive ! » de Kiss. Je crois que j’étais en CM1- CM2 et c’est un de mes camarades d’écoles qui me l’as vendu. Au début je ne savais même pas qui ils étaient j’étais attiré par la pochette. Et dès que je l’ai passé sur ma platine, j’ai été émerveillé. Par la suite, je n’ai pas arrêté de reproduire la pochette de l’album sur tout ce que je trouvais. Un jour je l’ai même redessiné sur un des albums de mon grand frère, je crois que c’était un album de Pink Floyd. J’ai eu de la chance d’être qu’un enfant et qu’il ne l’ai découvert que bien longtemps après! (Rires).

- Est-ce Gene Simmons qui t’as poussé à jouer de la basse ?

JD Deservio : J’ai toujours eu des grands frères qui m’ont initié depuis ma tendre enfance à tous les grands groupes de rock : Led Zeppelin, les Doors…je suis un mordu de Jim Morrison. Pour moi, Jethro Tull étaient les meilleurs d’entre tous. Et donc vers l’âge de 8-10 ans un de mes frères m’a dit « Jethro Tull ? Arrête Kiss sont les meilleurs ! ». Il m’a alors montré une photo de Gene Simmons et j’étais fasciné. Je suis un grand fan de films d’horreurs et les maquillages de Kiss connotent parfaitement avec mon univers. Je lui ai demandé «  Mais qui c’est ? ». Il m’a répondu que c’était Gene Simmons et à partir de ce moment là je me suis dit que c’était ce que je voulais faire. Gene Simmons est la personne grâce à laquelle je joue de la basse aujourd’hui.

- Donc parmi tes idoles on peut compter le bassiste emblématique de Kiss ?

JD Deservio : Oui, il est celui qui m’a poussé à jouer de cet instrument mais en grandissant mon oreille s’est affiné. Je me suis mis à admirer des personnalités comme Steve Harris (Iron Maiden), Geezer (Black Sabbath), John Paul Jones (Led Zeppelin). Puis avec les années et l’expérience, je me suis ouvert à d’autres musiques. A l’âge de 18 ans, j’ai vraiment découvert le jazz dans les clubs de Boston et c’est à partir de ce moment là que ma passion pour le jazz et la soul à commencer.

- Et c’est aussi à cette période que tu as fondé ton groupe Cycle of Pain que l’on pourrait catégoriser de heavy-funk, non ?

JD Deservio : Non, l’histoire de Cycle of Pain a débuté quelques années auparavant. Rich Monica (batterie), Greg Locascio (Chant) et moi, nous nous connaissons depuis nos 15 ans. Nous avions l’habitude de gratter deux trois notes ou de faire des reprises pour des fêtes locales ou des soirées entre amis. Nous n’avons jamais arrêté de jouer ensemble et d’évoluer, nous avons commencé à faire nos propres compositions, notre petite réputation. Et puis, chacun d’entre nous  a été pris par ses obligations professionnelles, par les tournées, la route, les concerts, mais nous nous sommes jamais perdu de vue. On se revoyait entre chaque concert, pour faire des bœufs et composer ensemble. Au début des années 2000, nous avions quand même accumulé pas mal de compos mais notre élan artistique si je puis dire à toujours était interrompus par nos différentes tournées. En é008-2009, je possédais encore plus de compositions en stock, et au lieu de les sortir en solo, même si j’en avais l’occasion, j’ai rappelé mes frères d’armes et nous avons sorti l’album ensemble sous le nom de Cycle of Pain.

- Et ton rôle au sein de Black Label Society te permet d’avoir un peu de temps aujourd’hui pour travailler sur un nouvel album avec Cycle of Pain ?

JD Deservio :
Oui, j’écris entre deux tournées, deux concerts, deux changements de bus ou d’avion (Rires). Mais je vais attendre la fin de la tournée pour pouvoir me concentrer sur autre chose. J’ai déjà cinq chansons qui sont prêtes à être enregistrer.

- Je suppose qu’appartenir à Black Label Society aide à promouvoir ton groupe ?

JD Deservio :
Définitivement. Toutes les portes se refermaient devant nous et quand on a su que j’appartenais à BLS, elles se sont ouvertes comme par magie !

- Parlons de Black Label Society maintenant. Tu as produit «  The Order of the Black » avec Zakk. Comment s’est passé l’enregistrement? Zakk  a la reputation d’être un perfectionniste et un producteur impitoyable… (ndlr. au même moment Zakk Wylde rentre dans la pièce)

JD Deservio : C’était une tuerie ! Comme tu peux le voir, les gars sont toujours de bonne humeur ! (ndlr. Zakk Wylde et l’équipe de BLS, nous regardent de loin en faisant des grimaces et des grands signes, Zakk arrive à notre table)

Zakk Wylde : Alors ça va les amoureux ? Méfie-toi jeune fille, ce type est un très bon musicien, un super producteur mais un sacré dragueur ! Mais n’oublie pas que le boss, c’est moi ! (Rires). Tu ne sais pas tout ce que j’ai du vivre en studio avec lui ou en concert ! Toujours à ramener des filles ! Un sacré numéro ! On s’est bien amusé pendant l’enregistrement mais je crois qu’il devrait se calmer sur les jolies filles ! Pourquoi j’ai toujours des mecs en promo, hein ? (Rires), non je rigole, je vous laisse à votre tête à tête ! (Rires)

JD Deservio : Oui donc comme tu peux le voir, Zakk Wylde n’est pas l’ours mal léché et perfectionniste que les médias décrivent ! C’est surtout un déconneur de première !

Zakk Wylde : Eh, je tiens quand même à rajouter que ce mec est ma moitié quand on travaille ensemble ! C’est un vrai bosseur et il sait exactement ce que je veux ! Par contre, quand une fille rentre en scène, ce n’est plus le même ! (Rires)

JD Deservio : Non allez, soyons sérieux. Quelle était ta question déjà ? Ah oui, l’enregistrement, donc comme tu vois, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer et puis nous avons enregistrés au studio de Zakk donc c’était vraiment cool. Nous n’avions aucune pression, nous étions posés tranquillement chez lui, nous faisions les essais et les mix à notre rythme.

- Vous n’aviez pas de deadline de la part de votre maison de disques pour rendre cet album ?

JD Deservio :
Non, pas vraiment et de toute façon, nous avons bouclé l’album en 94 jours ! Nous l’avons enregistré, produit, masterisé et mixé en 94 jours. Nous travaillons depuis des années ensemble et même si j’ai fait des allers retours dans Black Label Society au début maintenant je suis vraiment bien implanté dans le groupe et ils sont comme ma famille. Zakk est comme un frère pour moi.

- As-tu peur qu’un jour Zakk retourne jouer avec Ozzy et lâche BLS pendant quelques temps ?

JD Deservio :
Oh, non, pas vraiment. Si ça doit arriver, ça arrivera. Chacun choisit ses priorités. De toute façon à chaque fois que Zakk est parti rejoindre Ozzy en tournée, il n’en n’est revenu que plus créatif et plus motivé pour BLS. Alors non, je n’ai pas peur qu’il retourne vers Ozzy.

- Sur votre nouvel album « Order in the Black », on trouve tout de même beaucoup de ballades, plutôt colorés mais aussi très mélancoliques. Il faut avouer que ce n’est ce qu’on attend d’un album avec un titre plutôt obscur et fort…

JD Deservio : Vraiment ? Peut être qu’il y a plus de ballades que sur les autres albums mais tu trouves toujours ce types de chansons sur chaque album. Mais crois- moi, on ne dirait pas aux premiers abords mais c’est tout de même un album très sombre ! Peut être les critiques s’attendaient à quelque chose de plus lourd et de plus violent de notre part musicalement mais crois moi il l’est.

- Sur l’édition limitée, on peut trouver un titre inédit « Can’t find my way home » et trois reprises « Bridge over troubled water » (Simon & Garfunkel), « Junior Eyes » (Black Sabbath) et « Helpless » ( Neil Young & The Crazy Horse). Ces reprises ont-elles été une décision collective?

JD Deservio :
Oui totalement, Zakk a proposé d’inclure ces reprises dans l’édition limitée. Nous aimons faire des reprises de nos groupes fétiches et nous devions inclure quelques bonus tracks à notre album alors pourquoi pas celles-là ? Nous sommes tellement inspirés par toutes les musiques du pop rock au métal au jazz en passant par le funk, des reprises nous semblaient une bonne occasion de regroupés nos influences collectives.

- Es-tu toi aussi un grand fan de Neil Young comme Zakk ?

JD Deservio :
C’est un de mes artistes favoris. Je pourrais te reprendre même « Helpless » là comme ça  a cappella, c’est une magnifique chanson ! (ndlr. JD Deservio enclenche son karaoké japonais interne et enchaîne la chanson de Neil Young)

- Dernière question, pour les fans et les bikers. La chartre de Black Label Society est-elle toujours valable ?  (ndlr. ex. God, Family, Beer; Refuse to lose/Born to Booze)

JD Deservio :
(Rires) Absolument! Sauf que maintenant Zakk ne boit plus et il faudrait remplacer toutes les références à l’alcool par la caféine! Le suicide n’est toujours pas une option et…( ndlr. je lui montre la chartre de BLS). Oh là, c’est vraiment tordant ! (Rires). Ce qu’il faut retenir en tout cas de cette chartre, c’est que nous sommes des mordus de la musique, nous sommes comme une famille et nous ne laisserons jamais personne se dresser en travers de notre chemin. Peut importe les problèmes, il faut que tu surmontes les obstacles et que tu poursuives ta route.

 
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