Les acteurs de l'ombre

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12/09/2010 - Eibon + Glorior Belli + Ramesses @ Klub

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Eibon + Glorior Belli + RamessesArrivé in extremis à l’heure du concert, soit 19h30, je ne perds pas mon temps à détailler les trois charmantes vestales qui filtrent les arrivées au Klub. On ne sait jamais si le show va commencer à l’heure ou avec beaucoup de retard. Ce soir a quand même lieu une date très importante et très exhaustive en matière de qualité et d’originalité musicale. Pas moins de trois très bons groupes qu’on ne voit pas si souvent, voir très rarement. À l’origine, les hostilités devaient commencer avec Eibon qui a tenu sa place ; mais ensuite ce devait être au tour de Ramesses d’ouvrir pour Glorior Belli. Or, j’ai l’impression que les Britanniques se sont fait attendre pour une raison qui m’échappe et ils joueront finalement en tête d’affiche, ce que je trouve personnellement normal et me convient très bien. Mais j’y reviendrai…

Quoi qu’il en soit, je descends dans la salle qui n’est pas encore vraiment remplie hormis les quelques places assises. Le fond de scène de Glorior Belli trône en bonne place « confirmant » son statut ce soir. Je vais directement dans le coin consacré au mershandising et découvre les quelques merveilles de disques vinyls présentés là mais surtout le premier album de Eibon, qui est sorti au mois du juin et que je n’avais pas encore pu me procurer. Le temps que le tenancier du stand se renseigne auprès de Jerome Lachaud, le batteur, j’apprends que l’on s’en tire pour 15€ si l’on prend l’album plus le EP sorti en 2008. Banco, c’est dans la poche !

EIBON

De retour en salle, je vois les cinq membres de Eibon commencer à s’installer. Je vais pouvoir découvrir en live le fruit de leur album que j’ai pas encore écouté. Le public a donc rendu présent pour soutenir le set de Eibon et j’ai la satisfaction de constater que le son est bon et que l’on peut apprécier les nuances du jeu des quatre français. Le jeu est posé mais puissant. Vierge de tout a priori, j’apprécie comme ils viennent les nouveaux morceaux du groupe et je note que, comme la mienne, nombreuses sont les têtes à dodeliner franchement dans l’assistance. Le show est assez statique mais cela va de soit tant l’espace manque pour exprimer plus d’énergie dans cette salle. Le bassiste Stephane Rivière est encore celui qui montre le plus d’intensité ainsi que George Balafas au chant. Bien présent de sa voix remplie de rage aux accents postcore et dépressif, il restera discret et peu communicatif voire pas du tout, si ce n’est quelques mouvements de bras encourageant le public à manifester son énergie. Le public semble satisfait mais n’en rajoute pas ; Eibon est une musique qui se ressent et le set est encore tout neuf pour être familier. Mention spéciale pour le morceau Asleep and Threatening qui a été un des plus efficaces. L’écoute de l’album après coup me confirmera que leur prestation aussi propre soit-elle n’était pas à la hauteur de l’immense noirceur d’album qu’ils ont produit. Une excellente galette que je recommande vivement à tout ceux qui aime le bon gros doom progressif. Après une heure de jeu, Eibon se retire…

GLORIOR BELLI

Glorior Belli - Meet us at the southern signUne demi-heure se passe, le temps que le public permute et enfle avant l’arrivée du deuxième groupe. Force est de constater, que l’assistance n’est pas la même et que la présence de membres du sexe féminin est notable. C’est là que je me dis que quelque chose cloche et cela m’est vite confirmé quand je vois débouler le guitariste et le bassiste en tshirts, encapuchonnés et masqués en dessous des yeux. Seul, J, le chanteur et leader du groupe, se présente le visage totalement caché derrière une étoffe noire sous sa capuche. G, Le batteur lui arbore un maquillage classique de Black metal. Voici Glorior Belli après cinq ans d’absence dans la capitale ! Le public est venu nombreux et montre son enthousiasme de manière parfois saugrenue. Le temps pour le groupe de balancer un premier morceau de son répertoire, et entrer dans leur univers si personnel que le public se transforme en tornade sur le morceau suivant. Ceux qui connaissent le Klub savent à quoi peut ressembler cette petite salle dès que ça remue pas mal ! On sent à quel point Glorio Belli était attendu en concert. La ferveur se lit sur les visages et dans les attitudes. Ceux qui sont là sont à ranger dans la catégorie des fans sérieux. Un public bigarré dont certains sont chauffé à blanc, proférant des "Hail Satan ! Hail Satan !". Je crains même pour le matériel tandis que sorti de l’agitation de la fosse, un mosher se retrouve porté au-dessus des têtes bousculant au passage les spots suspendus à portée de main. Les morceaux sont efficaces même si on peut déplorer quelques pains, dus éventuellement à la présence de deux musiciens de sessions pour combler le vide laissé par J et G qui s’accapare la totalité du boulot en studio. Ils excellent d’ailleurs tous les deux sur leur instrument respectif. G est impressionnant sur ses fûts et martèle avec beaucoup de technique avec un flegme impérial. Les interventions de J sont rares mais on ne s’en plaindra pas. Autant sa posture scénique est forte autant son charisme tombe à l’eau dès qu’il s’adresse à l’assistance. Le concert se termine et la salle se vide d’un bonne moitié ; comme quoi beaucoup de monde était venu pour voir les trop rares Glorior Belli.

RAMESSES

Ramesses - Take the CurseLe doute plane sur la venue de Ramesses et je ronge mon frein. Les instruments et les amplis sont évacués de la scène jusqu’au fond de scène. Jusqu’à l’apparition de Mark Greening et de ses premiers ustensiles pour monter sa batterie de destruction massive. Ses acolytes surgissent aussi s’attelant à l’assemblage de leur propre matériel. La scène déjà minuscule devient insignifiante avec ses trois géants. Les fûts et les cymbales de Mark Greening sont démesurés et les amplis sont d’un bon tiers plus grands que ceux des groupes précédents. C’est sûrement pour cette raison qu’ils ont arraché la tête d’affiche. En tout cas, ça sent le gros son !!! Plus de temps à perdre il est déjà 22h30 passé. La salle est loin d’être pleine mais le son que développe Ramesses comble l’espace avec d’emblée le morceau Iron Crow qui, d’emblée, marque le pas du restant de la soirée. La tête d’affiche est là ! Ça ne fait pas l’ombre d’un doute. C’est la première fois que je vois Ramesses en concert et Adam Richardson, bassiste et chanteur, a tout bonnement des paluches comme des battoirs et joue sur ses frets comme s’il maniait une guitare, lui permettant de plaquer des accord fabuleux ! La rondeur et la puissance dévastatrice des morceaux et dégoulinant de sludge enrobe bien mes oreilles et finis d’anesthésier mes tympans déjà bien allumés. Beaucoup de morceaux du dernier album « Take the Curse » sorti aussi récemment, dont le magnifique Terrasaw et l'envoutant Baptism of the Walking Dead. Voûté sur son micro, Richardson manifeste des problèmes pour faire tenir celui-ci à sa guise, déjà juché sur un pied limite stable. La rythmique de Matt Greening est férocement implacable et dans le public un type tambourine sur un baffle suspendu au dessus de lui. Décidemment, le matos a chaud ce soir. Tout à coup, au bout de trois quart d’heure le concert s’arrête. Les trois Ramesses font comme s’ils allaient partir. Je m’attends à un rappel ; mais non, il partent vraiment. Le mec qui tambourinait questionne Adam Richardson qui a l’air aussi gêné que désolé. C’est comme ça, c’est fini… À peine déballé, le matos est remballé. La soirée est terminée et les lumières se rallument.

 

En définitive, on a assisté là à un grand moment de Metal. Trois excellents groupes, différents mais ayant tout de même une approche radicale et subtile, baignant dans une musique sombre et puissante. Dommage que le set de Ramesses ait été aussi court car cela méritait vraiment plus. Peut-être avec des pauses moins longues entre chaque groupe…

 

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Commentaires (2)
2 Mardi, 14 Septembre 2010 20:12
Sinner
Merci Wire ! :)
1 Mardi, 14 Septembre 2010 19:52
wire
Sympa ce live report!
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