Les acteurs de l'ombre

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Draconian - Arcane Rain Fell

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On entend l’orage gronder. De ce contexte déjà peu accueillant surgit un riff d’une monumentale tristesse qui donne le ton. Car cet « Arcane Rain Fell » est un pur album de doom, teinté peut-être de quelques influences gothiques, album longuement mûri et parfaitement maîtrisé. L’influence de ces grands que sont My Dying Bride et Anathema se fait bien entendu sentir, de même que celle du romantisme noir, – je veux bien entendu parler du courant littéraire et de pensée et non d’une quelconque niaiserie amoureuse. Ces gens sont de la nuit… Et la tristesse semble être le seul facteur de la réalisation de ces sentimentaux, la seule expression de la beauté qu’ils aient trouvé. Le chanteur alterne voix parlée et voix death. Je tiens d’ailleurs à noter au passage la qualité de son chant guttural q ui contraste efficacement avec le chant féminin. Draconian nous propose un doom qui certes n’est pas original, mais qui témoigne d'une grande maîtrise, comme je l'ai déjà fait remarquer. Mais à quoi bon chercher sans nulle cesse l’originalité et l’ériger en critère d’appréciation ? Cet album est très bon et saura satisfaire plus d’une âme endeuillée. Lentement disséminant la tristesse, il va crescendo ne s’arrêtant guère que pour une déclamation sur fond de chœurs oniriques (« Expostulation », très court morceau) pour parvenir à l’expression de la plus ultime tristesse, à savoir au morceau « Death, Come Near Me », réclamation de la mort qui s’étend sur quelques 15 minutes… Il s’agit d’un morceau figurant à l’origine sur leur démo de 2002 (« Dark Oceans We Cry ») réenregistré. Et la monotonie qu’on peut reprocher au reste de l’album d’être rompue… Car les morceaux précédents semblent plus participer à un but qui les dépasse qu’à une expression propre ; tous participent de cette tristesse lancinante sans pour autant se démarquer les uns des autres. Une grande cohérence donc, mais qui ne réserve guère de surprises… Mais c’est sans compter cette magnifique clausule… Cet appel final de la mort vient clore significativement cette œuvre et contient tout ce qui fait la grandeur du doom ; ces arpèges désespérés, ces résonances qui se perdent dans le vide, ces guitares lancinantes qui semblent aller mourir au bord de l’infini… pour ne pas dire le néant, cette sensation de vertige du désespoir… Bref, si vous aimez le doom, c’est sans aucune retenue que vous pouvez ici vous livrer au délice de sombrer… Si vous n’êtes pas amateur de doom, je doute que cette œuvre soit celle de votre conversion… Mais sait-on jamais ?


Tracklist :
1. A Scenery of Loss
2. Daylight Misery
3. The Apostasy Canticle
4. Expostulation
5. Heaven Laid in Tears (Angel's Lament)
6. The Abhorrent Rays
7. The Everlasting Scar
8. Death, Come Near Me
 

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