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Voir la version complète : Gorgoroth + Enthroned + Tyrant - Le 20/11/2007 a La Loco


gozmul
28/11/2007, 23h11
http://www.lesacteursdelombre.com/Ombres/festival/detail.asp?rbConcert=1&rnNumero=240

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Introduction
L’entité Gorgoroth s’étant trouvée amputée d’une bonne partie de ses membres pour des raisons aussi drolatiques que douteuses et que les fans de Gala metal connaissent déjà sûrement, quelques rumeurs aussi vilaines qu’un corpse paint amateur commençaient à courir sur la tournée qui s’annonçait. Avec la seule tête pensante Gaahl pour continuer à mener la barque contre vents et marées, le navire n’allait-il pas couler?

Surtout quand on repense à certaines de ses bourdes médiatiques et autres prestations mémorables en qualité d’ambassadeur de Satan, « tête » et « pensante » semblent être parfois deux concepts antinomiques en ce qui concerne notre homme. Ce qui ne l’a semble t’il pas empêché de se dégoter de nouveaux pantins pour réarticuler sa marionnette et continuer à faire mumuse avec en concert.

A n’en pas douter un grand moment de liesse black metal en perspective, et qui aurait pu s’annoncer sous des augures encore plus euphoriques si l’affiche elle-même n’avait pas été sujette à quelques remaniements qui fâchent. Déjà, plus de Nox, ça, c’est pas drôle. Plus de Arkhon infaustus non plus, alors là je fais carrément la tronche. Moi qui me faisais une joie d’assister à un tir groupé de glaviots en rafale sur les premiers rangs, gracieusement offert par nos mécènes de l’extrême dont la générosité salivaire en live n’est plus à prouver, j’en suis tout colère.

Surtout qu’à la place, on a quoi? Euh, Enthroned et Tyrant. Chouette alors, déjà qu’en studio Enthroned c’est du jamais entendu, alors sur scène c’est du jamais vu. Vous me direz, Arkhon on les voit jamais en live non plus, hein ? Ouais, mais eux au moins c’est plus rigolo, ils crachent sur tout le monde. C’est black metal de cracher à la gueule de son public. Et c’est rigolo aussi, accessoirement. Vous avez remarqué à quel point « black metal » et « rigolo » sont des termes qui vont bien ensemble? On se demande pourquoi.

Blasé, moi? Tout de suite, les grands mots! C’est de la mauvaise foi, d’autant que depuis leur dernière fois ici nos amis belges ont un nouveau line up en plus du nouvel album, si ça c’est pas de la nouveauté, alors qu’est-ce que c’est, je vous le demande? En plus, Tyrant en live, jamais encore vu, c’est l’occasion de m’instruire.

Le bonheur total, tout compte fait.

Je me sens aussi joyeux qu’un fan de Doom en train de barboter dans une baignoire remplie avec sa propre hémoglobine.

Après la question est, « mais c’est lequel de Tyrant, au juste? » :

-Le groupe de heavy qui date de Mathusalem?

Non, le heavy c’est pas black metal !

-Le groupe de black symphonique japonais, alors?

Perdu, les claviers c’est pas black metal!

-Le gangsta en survèt’ qui mélange rap et bip bips vidéoludiques piqués à Super mario bros?

Trop de la bombe de balle bébé, mais c’est pas black metal!

En fait, c’est le Tyrant suédois, qui joue du vrai black metal sans claviers et sans pomper l’héritage sonore du plombier moustachu ayant fait les beaux jours de Nintendo.

Dommage, j’aurais bien voulu voir ce que ça donne Super mario en version black metal, moi.

Tyrant (Black metal)
A la place, on devra se contenter d’une déclinaison tout ce qu’il y a de plus orthodoxe du genre à l’honneur en cette funeste soirée de grèves et de décibels enténébrées. Les musiciens n’ont effectivement pas l’air d’être résolus à bouleverser les conventions en vigueur, et se contentent d’observer avec autant d’application que de virulence les commandements édictés par certains de leurs aînés auparavant.

On a beau porter des grosses bobottes en cuir, ça pantoufle quand même pas mal niveau inspiration, même si le groupe se permet d’aller ferrailler un petit peu en dehors des sentiers black metal pour faire un tour du côté du punk ou du thrash. Ca doit être pour ça que sur leur flyer y avait marqué qu’ils sont fans de Venom et de Discharge ! Ca s’entend pas du tout…enfin surtout pour Venom, mais tout bien réfléchi c’est plus à cause du côté « je sais pas accorder mes instruments et régler mes amplis », qu’à cause de la musique en elle même.

Passé outre le côté platement linéaire de la plupart des compositions, faut quand même reconnaître qu’ils sont motivés les petits gars. Le bassiste pose avec un grand sourire, le guitariste nous plaque quelques secondes de solo de temps à autre pour nous montrer que même si il sait pas se raser, il sait au moins jouer de la guitare, et le batteur et son quintal ont l’air fermement décidés à dépenser toutes ces calories qu’un régime alimentaire douteux a du leur permettre d’engranger.

Le chanteur quant à lui, exploite le peu de tignasse qui lui reste sur la caboche pour headbanger vigoureusement et n’hésite pas à partager une petite bière avec ses fans le cas échéant. En même temps, je sais pas si ils sont vraiment fans ou si simplement ils ont soif, parce que vu le prix des consos à La Loco, c’est un coup à soutenir n’importe quel groupe de merde du moment qu’il paye sa tournée.

Attention cependant, Tyrant n’est pas un groupe de merde. En toute honnêteté, ça aurait même pu être pire…ils auraient pu jouer plus longtemps, par exemple.

Cela étant dit, je ne suis pas foncièrement convaincu que le chanteur aurait tenu le coup plus longtemps avec des cordes vocales aussi enrouées. Enfin, je suppose qu’elles étaient enrouées, parce qu’à l’entendre on se demande si il chantait ou si il avait simplement mal de gorge. Du coup, à défaut d’acheter leur album, j’avais plutôt envie de lui offrir une boite de Strepsils.

Quitte à faire dans le social, hein…

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Enthroned (Black metal)
Les belges d’Enthroned eux, ne feront ni dans le social, ni dans la dentelle, et commencent dès le début du premier morceau, Nornagest en tête, à toiser sentencieusement la foule d’un air qui en dit long sur leurs intentions. Ca va chier!

D’ailleurs, ça chie grave rien qu’à voir le bassiste et le second guitariste déjà, qui se tiennent les jambes arquées comme au dessus de toilettes turques, nous démoulant des riffs tout chaud sortis droit du trou du cul de l’enfer. Et le cousin de Jabba The Hutt qui leur sert de batteur a l’air d’en chier pas mal aussi, transpirant fébrilement entre deux coups de baguettes pour blaster à une cadence aussi infernale que le veut le style.

Jusque là tout va bien, c’est evil, ça va vite et ça fait beaucoup de bruit, tout le monde est content, et ça permet aux plus chevelus d’entre nous de rentabiliser tout ce temps méticuleusement passé à se laisser pousser les tifs pour affirmer ses velléités de dissidence socioculturelle.

Néanmoins, un détail anodin m’interpelle alors qu’on en est à peine aux prémices du premier morceau et que j’observe l’imposant frontman dispenser riffs et hurlements avec une même détermination hargneuse.

Alors qu’il se tient à l’ouvrage en face du micro, le chanteur guitariste commence imperceptiblement à onduler du bassin avec un sourire de satisfaction béate, en se remuant doucement tel un balancier ivre qui oscille de droite à gauche.

Il se dandine, quoi. Oui, Nornagest se dandine. En rythme, même.

Ca n’aura duré que l’espace de quelques instants, mais suffisamment pour plonger votre serviteur dans un état de perplexité avancé.

Cette vision aussi fugitive soit-elle, suscite un constat synergologique sans appel.

C’est choquant! Surtout qu’en plus, il boit de l’eau, et non de la bière!!!

Bien sûr, tout cela n’est absolument pas black metal, et probablement conscient de ce grave manquement à l’éthique comportementale en vigueur dans ce genre qui ne tolère pas de tels écarts de conduite, notre contrevenant se reprendra brillamment quelques morceaux plus tard en hurlant à de nombreuses reprises « Hail Satan », à l’attention des quelques suppôts du grand cornu qui se seraient glissés subrepticement dans la foule.

Toutefois, nous ne sommes pas en période de grève pour rien, et les revendications qui secouent notre beau pays de soubresauts contestataires récurrents depuis quelques jours déjà, semblent toucher toutes les couches sociales de la population. Incluant même contre toute attente celle de la strate métallique, puisque aux multiples exhortations lancées par notre émissaire du Malin, quelques petits malins justement appelleront à la rébellion en hurlant avec vigueur « Francis Lalanne » pour seule réponse.

C’est là probablement le nom d’une obscure icône démoniaque à la tête d’un culte effroyable, et dont quelques fervents adorateurs se seront glissés ce soir parmi l’assistance pour braver l’adversité satanique.

Ah, le monde merveilleux du black metal et ses mystères !

Reste que, on dira ce qu’on voudra, la misanthropie c’est sympa, people=shit et tout le tralala, mais le black metal c’est quand même une grande famille, et c’est pourquoi même si les absents ont toujours torts, le frontman d’Enthroned glissera une petite dédicace bien huileuse à Arkhon Infaustus, genre « vous êtes pas là mais on vous aime et on pense à vous quand même ».

C’est beau tant de bons sentiments, on en aurait presque la larme à l’œil, tiens.

En fait, les black metalleux sont juste de grands benêts sentimentaux, qui ne savent pas exprimer leurs émotions, ou alors très maladroitement. C’est pour ça qu’au lieu de nous dire « merci public je t’aime », Nornagest nous dira plutôt « vous êtes une belle bande d’enculés » !

Mais nous aussi on t’aime, Nornagestounet. Allez, viens là que je t’embrasse !

De l’amour et des fleurs en somme, comme à la fin du dernier concert de Carpathian forest à la petite loco, où les premiers rangs s’étaient littéralement jeté dans les bras d’un Nattefrost tout sourire, et qui avait l’air d’un maître d’école dans une cour de récrée à la maternelle.

Faut dire que c’est un peu la moyenne d’âge qui voulait ça aussi, la plupart ne serait pas rentré en boite de nuit et ne devait même pas encore avoir passé le brevet des collèges.

Mais le black metal maintenant, c’est comme l’alcool et la drogue, on en consomme de plus en plus tôt, et n’importe qui peut y avoir accès.

Il est loin le temps où les arcanes de l’art noir étaient réservées à une véritable élite, composée de cas sociaux, de bras cassés, de profanateurs à la petite semaine, de psychopathes du dimanche, de poseurs en puissance, j’en passe et des pires.

Ce temps est là est révolu, de nos jours même les fils de bonne famille et les gens socialement intégrés écoutent du black metal.

Bien sûr, il y a encore quelques courageux, nostalgiques des grandes heures glorieuses, et doués d’une conscience aigue des responsabilités qui sont les leurs en tant que derniers représentants d’un genre dont l’intégrité est sans cesse menacée.

On les voit d’ailleurs à ce concert. Ceux-là s’efforcent de faire perdurer le mythe et adoptent une posture digne, les bras soigneusement croisés et le visage empreint d’un air grave, aux traits figés dans une impassibilité marmoréenne.

La vraie classe black metal, quoi.

Bref, revenons à nos moutons -noirs bien évidemment- et le catalogue de blagues à consonances maraîchères ayant du être épluché depuis belle lurette par tous les comiques aimant l’humour de jardinier belge et les râteaux qui vont avec, j’éviterai donc de vous parler de « frite » et de « patate » pour évoquer la prestation d’Enthroned qui avait la pêche ce soir…oups, ouais bon ça va, chassez le naturel il revient au galop, mais les pêches c’est pas belge, alors on fera comme si on avait rien lu, hein, d’accord ?

Non franchement, c’était absolument génial, formidable, fantastique, fabuleux, incroyable, sublime, superbe, extraordinaire, hors du commun. Les mots me manquent.

Et puis surtout, Nornagest il a deux massues à la place des bras, et il comprend le français.

Donc voila, moi j’ai adoré Enthroned.

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Gorgoroth (Black metal)
Alors qu’on est supposé passer aux choses sérieuses avec Gorgoroth, un premier constat a contrario s’impose, le groupe n’a visiblement pas inclut de budget maquillage pour sa tournée. Le visage recouvert d’un mélange poisseux à base de farine et de confiture de fraise, les musiciens affichent un standing cosmétique digne de péripatéticiennes sponsorisées par Francine et Bonne Maman, dont la vision provoque d’irrépressibles contractions abdominales chez votre serviteur qui a un peu de mal à garder son sérieux.

Visuellement parlant, l’impact de leur entrée en scène s’en ressent donc considérablement, mais il ne faudra pas bien longtemps aux musiciens pour reprendre les choses à leur compte sur le plan musical, avec un « Procreating Satan » qui vous passe l’envie de rire direct.

Mazette, le son!

Le groupe a fait des économies sur le make up mais a mis le paquet sur la sono, avec une puissance à vous décoller les cornes de Satan en personne. C’est pas non plus la perfection absolue, avec une voix en peu en retrait par rapport à des guitares trop en avant, mais vu que je m’attendais à pire, la surprise n’en est que plus agréable.

Moins agréable par contre, c’est la basse du King qui transforme ma cage thoracique en caisse de résonance à chacun de ses riffs, les riffs en question ont d’ailleurs un peu de mal à se faire entendre en comparaison du reste, mais trouvent néanmoins un écho vibratoire très concluant dans ma poitrine qui permet aisément de suivre le jeu du monsieur.

Oui, j’ai écouté les lignes de basse avec ma poitrine. Tout va bien, merci.

Non, je n’irai pas consulter un ORL ou un pneumologue. Ni un psychiatre non plus, c’est gentil.

Ah mais tiens au fait, il est toujours là le sieur King, alors! Il est même tellement là qu’on ne voit presque que lui pour tout dire, moulé dans son cuir d’un slim fuligineux et sanglé de cartouchières généreuses en munitions.

Sérieux, ce mec là dans la catégorie poseur, il est hors-concours!

Nan parce que de deux choses l’une, où il est particulièrement fier de sa basse, et c’est pour ça qu’il n’arrête pas de l’exhiber en la tendant au dessus du public comme un arrosoir au dessus d’un parterre de fleurs, où il est payé à la séance de pose vu comment il n’arrête pas de poser en essayant de nous faire profiter au maximum son look de fashionista satanique.

Cela dit, notre poseur de service met quand même le feu, et c’est sûr que si il n’était pas là, on ne pourrait pas compter sur les deux icebergs de session recrutés comme guitaristes pour chauffer la salle. Skykelig de Naer Mataron préfère plutôt décongeler tranquillement en arrière plan, alors que Teloch de Nidingr (qui joue aussi les glaçons live chez 1349) dégivre un ou deux signes de vie de temps en temps, mais ça s’arrête là.

Heureusement, on peut compter sur quelques chandeliers plantés ici et là sur la scène pour réchauffer tout le monde, rendant la température de la salle odieusement agréable et l’ambiance presque trop chaleureuse pour un concert de black metal.

Oui, ce soir, il fait bon être au concert de Gorgoroth.

Pour un peu, on se croirait presque à un feu de camp, et l’espace d’un instant je regrette amèrement de ne pas avoir amené une brochette et des marshmallows à faire griller.

Surtout qu’y a de l’animation dans la fosse, vu tous les boy scouts chevelus et autres castors blackeux qui font joujou entre eux, sous l’oeil attentif d’un Gaahl pointant nonchalamment des doigts pour cautionner de son approbation satanique tous ces débordements tumulteux.

Le grand gourou norvégien entretient sciemment un certain flou éthique quant à l’interprétation qu’on doit faire de son attitude scénique, mélange de bienveillance sentencieuse lorsque qu’il méduse l’auditoire avec son regard de Gorgone maquillée à la truelle, et de décontraction grand guignolesque alors qu’il parade en donnant l’air de parodier les clichés du black metal comme dans un sketch à prendre au 666ème degré.

A mi chemin entre le ridicule et l’impressionnant, le frontman passe d’un extrême à l’autre sans conséquence fâcheuse pour sa prestance naturelle, qui lui permet de dominer et son sujet et l’assistance, qu’il tient autant sous sa coupe visuelle que vocale.

Car on dira ce qu’on voudra sur son jeu de scène, sa voix est elle au dessus de tout, et même si on ne l’entend pas autant qu’un meilleur équilibrage de la sono l’aurait permis, elle résonne particulièrement, non seulement à l’occasion de ses nombreux hurlements surhumains, mais encore lors des rares passages en chant clair comme sur un « Profetens apen baring » qui prend ici une dimension messianique.

Mais ce qui résonne le plus, c’est tout de même la batterie.

C’est vrai tiens, je vous avais pas encore parlé de la batterie, non?

Derrière ces fûts qui ont vu mine de rien défiler quelques pointures du genre, se tient un des tas de saindoux les plus célèbres de la galaxie black metal, j’ai nommé Nick Barker.

Ex Cradle of filth, ex Dimmu borgir, ex Lock up, ex tout ce que tu veux parce que la liste est encore longue, et si tu veux connaître tous ses états de service t’as qu’à chercher toi même, je suis pas ta bonne.

Notre homme vaut déjà largement à lui tout seul les deux batteurs précédents en superficie volumique, mais aussi et surtout en puissance de frappe, faisant preuve d’un jeu qui envoie la concurrence sur orbite avec des séquences de blast beats qui ressemblent purement et simplement à des chutes de météorites.

Là encore, merci le son, même si l’expérience du monsieur en matière de pilonnage météorique par baguettes interposées y est aussi pour beaucoup.

Saluons en tout cas son jeu de batterie paranormal, qui n’empêche pourtant pas notre motte de beurre sur pattes de continuer à battre des records à la pesée, alors qu’après une telle débauche d’efforts rythmiques la graisse de tout individu normalement constitué aurait fondu à vue d’oeil pour ne laisser qu’un squelette à la fin.

Niveau set list en revanche, rien qui sorte de l’ordinaire, dans la mesure où le black metal a beau être un art de vivre, c’est aussi et surtout devenu un art dont on peut vivre. Ce n’est donc guère surprenant de voir l’accent mis sur un dernier album qu’il faut bien promouvoir, si l’on veut en vendre suffisamment d’exemplaires afin de pouvoir s’offrir du vrai maquillage pour la prochaine tournée, au lieu de devoir se tartiner la gueule avec de la confiote et de la farine achetées à l’arrache chez l’arabe du coin avant chaque concert.

Bien sûr, les quotas d’allégeance à l’ange luciférien sont quand même respectés haut la corne, avec le mot « Satan » prononcé un nombre de fois considérable rien que sur « Incipit Satan » et « Possessed by Satan » déjà, et de brèves fulgurances rétrospectives à l’occasion entre autres de « Destroyer » ou de « Revelation of doom » permettront aussi de contenter les adeptes du passéisme discographique.

Aussi généreuse soit-elle, la formation norvégienne n’ira cependant pas jusqu’à nous faire cadeau de ce petit rappel qui nous aurait conforté encore un peu plus dans l’idée qu’on a bien fait de venir ce soir et de pas se laisser emmerder par tous ces foutus grévistes qui ne savent pas lire un programme électoral.

Oui, parce que la réforme des régimes spéciaux c’était annoncé dedans longtemps à l’avance, alors fallait prendre le temps de lire avant de voter pour le grand méchant Nicolas.

Alors même si Gorgoroth ne fait pas d’heure supplémentaire en rappel, espérons qu’ils ne prendront pas leur retraite avant les cheminots et que grève ou pas grève, on aura encore droit à de nombreux concerts du même acabit.

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Conclusion
Entre un Tyrant qui voudrait être Hellhammer à la place d’Hellhammer et un Enthroned qui a juste fait du Enthroned, il n’y aura finalement pas eu grand chose à retenir des premières parties.

En fait, la vraie leçon à tirer de tout ça, à part que Gaahl est plus crédible derrière un micro en concert qu’en interview avec un verre de vin, c’est un jeune présomptueux qui l’aura appris à ses dépens en essayant témérairement de monter sur scène pendant le set de Gorgoroth.

A sa décharge, c’est vrai qu’en l’absence d’avertissement affiché comme c’est parfois le cas, rien ne s’opposait vraisemblablement à ce que la piétaille vienne aussi fouler le sol sacré des idoles norvégiennes.

Et pourtant, bien mal lui en aura pris, puisqu’à peine aura t’il commencé à atterrir sur scène après un bref slam, que par un mystérieux concours de circonstance il se retrouvera la tête la première à nouveau dans la fosse.

Ce qu’il s’est passé?

Une manifestation occulte des forces sataniques à l’oeuvre en cette soirée, peut-être?

C’est un peu ça, mais pour comprendre ce moment fugitif dont le déroulement fut d’une vitesse telle qu’elle a échappé à l’entendement du commun des mortels, il faut le décomposer au ralenti.

En fait, lorsque l’outrecuidant a osé vouloir s’aventurer sur scène, Skykelig qui faisait l’autiste dans son coin avec sa guitare, est miraculeusement sorti de sa torpeur sociale pour bondir sur lui comme un fauve, et dans un délié articulaire d’une souplesse féline a dégagé l’importun d’un monumental coup de tatane pour l’envoyer bouler comme un ballon de foot au fond des filets.

Un moment de grâce et de perfection pugilistique comme il en existe peu, et qui n’aura duré que l’espace de quelques instants, quelques « frames » comme on aime à dire dans le jargon des gamers.

En langage spécialisé, on appelle ça un « clean hit », je crois.

C’est propre, net, et sans bavure.

Quasiment comme l’aura été la prestation de Gorgoroth, si l’on va par là.

Et ce magistral coup de pompe résume à lui seul la seule chose essentielle à retenir de tout ça:

On ne badine pas avec Satan!

Report by BHC
Pix by Vicomte

Gérald
29/11/2007, 01h49
WWWWWWWWWWWWWWWWWOOOOOOOOOOOOOOUUUUUUUUUUUUUUUAAAA AAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!

das Irrlicht
29/11/2007, 10h47
Le grand gourou norvégien entretient sciemment un certain flou éthique quant à l’interprétation qu’on doit faire de son attitude scénique, mélange de bienveillance sentencieuse lorsque qu’il méduse l’auditoire avec son regard de Gorgone maquillée à la truelle, et de décontraction grand guignolesque alors qu’il parade en donnant l’air de parodier les clichés du black metal comme dans un sketch à prendre au 666ème degré.


énorme ! c'était tout à fait ça...un conçert qui m'a un peu déçu quant à moi, surtout par rapport à celui du Nouveau Casino il y a deux ans...m'enfin...

Martin Silenus
29/11/2007, 11h33
Bon, un jour, il faudra que les acteurs éditent un bouquin avec les live-report de BHC. Ca vaut toutes les analyses socio-mysticologiques, qu'elles soient ou non rédigées par un prêtre...