gozmul
22/11/2007, 20h12
http://www.lesacteursdelombre.com/Ombres/festival/detail.asp?rbConcert=1&rnNumero=236
Introduction
Les spécialistes sénescents à la nostalgie atrabilaire se feront un plaisir de vous ressasser l’éternel antienne sur un air de Francis Cabrel, « les concerts metal c’était mieux avant ». Et pour cause, les dates ont beau pleuvoir les orgas ont du mal à se faire une place au soleil, n’en finissant plus de chuter en même que la température d’un baromètre métallique qui a du mal à rester au beau fixe.
Ce soir la météo des préventes est mauvaise pour Garmonbozia, qui en a vu d’autres, certes, mais qui aurait sûrement préféré ne pas voir son budget prendre l’eau pour la énième fois à cause d’un public en fuite. Conclusion logique du travail de sape des héraults du rail, ayant décidé de choisir ce jour fatidique pour claironner une énième fois leurs revendications socioprofessionnelles marmoréennes.
C’est la grève, quoi. D’autres préfèrent dire c’est la merde. Il y en a même pour parler de grève de merde. Les mots ne manquent pas, le courage si, et les métalleux parisiens déjà quand même bien pantouflards à force de se faire servir trop de concerts à domicile, ont décidé pour la plupart de céder à la loi des terroristes de la RATP. On range le treillis au placard et on laisse les rangers au chaud sous la table.
Seuls les plus courageux prennent le maquis pour se rendre sur les terres du nouveau casino, devenues difficilement accessibles en cette sombre période d’incertitude logistique. Les plus courageux ou ceux qui habitent juste à côté, aussi. Mon Gozmul de compagnie et moi-même appartenant à la catégorie intermédiaire, c'est-à-dire les courageux qui en plus n’habitent pas trop loin non plus, nous ne connûmes donc point trop de difficultés pour rejoindre notre lieu de villégiature métallique d’un soir.
Aborted (Death Gore grind)
Arrivé sur place, ce qui choque ce n’est pas l’affluence famélique et tristement prévisible, ou la défection du 1er groupe Lyfamachin chose. Non, ce qui choque, c’est un Sven tout ratiboisé et arborant qui plus est un tee-shirt Katatonia. Enfer et damnation, mais que s’est il donc passé ? C’est qu’on est habitué aux changements d’emballage chez Aborted, avec une belle succession de bouchers qui ont défilé dans l’abattoir franco-belge depuis son ouverture, mais tout de même. Notre Samson du cri de porc égorgé va-t-il perdre son bel organe en même temps que sa chevelure ? La viande aura-t-elle vraiment finie par tourner à force de la laisser se décomposer d’albums en albums ?
Fort heureusement, notre frontman à la tonsure toute neuve ne soulève plus aucune interrogation dès lors qu’il prend le micro et les choses en main. Non, Aborted n’a pas tourné au rock gothique en même temps que le tee-shirt de son chanteur. C’est vrai que la viande avariée mais pas variée, au bout d’un moment ça fait tourner de l’oreille, mais si sur CD le groupe devrait songer à cuisiner sa barbaque avec un peu plus d’originalité, en live on est encore très loin de la date de péremption.
Les musiciens débitent méthodiquement la set list en tranches aussi sanguinolentes que d’habitude, avec au menu bien sûr une large portion du dernier opus, et un émincé des deux précédents pour assaisonner le tout. Le son est bien gras mais goutu, l’hémoglobine coule à flot, et le groupe n’aura pas d’étoiles au guide michelin pour la fraîcheur des ingrédients, mais aura très bien réussi néanmoins à rassasier une foule d’affamée composée à majeur partie de carnivores, si l’on en juge par les nombreux tabliers, euh pardon, tee-shirts Aborted présent dans la salle d’opération, ah encore pardon, de concert je voulais dire. C’est fou tous ces rapprochements douteux qu’on peut faire en écoutant de la musique parfois, je vous jure…
http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/2.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/21.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/7.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/3.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/22.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/18.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/11.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/19.jpg
http://www.lesacteursdelombre.com/Ombres/festival/photos.asp?rnNumero=236&rbConcert=1&rnGroupe=1
Kataklysm (Death metal)
Le sang laissé sur les murs par nos garçons bouchers a à peine le temps de sécher que Katalysm revient le faire couler de plus belle…enfin de plus belle c’est vite dit, parce que si la formation québécoise nous laisse à peine le temps de coaguler avec un « Like angels » bien sanglant, pour enchaîner ensuite sur un « Let them burn » enflammé histoire de cautériser en puissance, la qualité du son elle, est comme les syndicalistes de la RATP, en grève, donc.
Enlaidies par de vilains grésillements qui ont la saturation au moins aussi tenace qu’un bataillon de grévistes, les compos de Maurizio et ses copains n’en demeurent pas moins d’une efficacité redoutable. Et puis de toutes façons quoiqu’il arrive : »This is the life we chose, the life we live, and there is only one guarantee, none of us will see heaven ! » déclarera le chanteur en reprenant cette fameuse réplique tirée du film “Road to perdition ”. Déclamation qui dans un cadre aussi kataklysmique fait autant office de profession de foi que de prélude au désormais classique « Ambassador of pain ».
« Ambassadeur de la douleur » dans la langue de Molière, insigne titre dont le combo québécois peut se revendiquer haut la main, une main qu’il a d’ailleurs plutôt lourde en distribuant les titres comme on distribue de bonnes grosses beignes. Ici, point question de diplomatie, on est pris entre « Resurrected « et « Crippled and broken » qui suivent juste après comme dans les cordes d’un ring, et les québécois nous en collent plein les gencives sans nous laisser trop le temps de récupérer entre chaque reprise.
Qui aime bien châtie bien, et on peut dire à ce compte là que le groupe soigne son public français, avec lequel le musculeux frontman babille tranquille entre deux rushes métalliques décochés sans pitié. Si l’on a bien sûr inévitablement envie de se marrer dès que Maurizio ouvre la bouche pour nous parler avec cet accent inimitable, ce qui en sort quand il hurle prête tout de suite moins à l’humour, tant notre homme prend son rôle au sérieux et vitupère en roulant des yeux de taureau furieux.
De là à dire qu’il fait peur, ce serait exagéré, surtout que même si le préavis d’inaudibilité déposé au début du concert semble avoir été levé, notre chanteur a moins de mal à faire entendre ses revendications vocales sur les parties de chant clair que sur les hurlements, toujours un peu dilué dans un nuage de grésillements décidemment très contrariants.
On entend donc mieux tous ces refrains accrocheurs tels que celui de « « ou celui d’ »Illuminati », qui même sans banderoles restent plus longtemps en tête que les slogans scandés machinalement par tous ces dissidents du chemin de fer, qui ont bien failli faire dérailler notre soirée en dérangeant le train train de notre quotidien métallique. Pourtant, on aurait pu trouver un terrain d’entente, le metal et le fer même combat, non ? Bon d’accord, je sors, mais après un « To rise again » seulement. Comme à la fin du concert en somme, où chacun sera rentré chez lui content…enfin pour ceux qui ont réussi à rentrer chez eux. ^^
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http://www.lesacteursdelombre.com/Ombres/festival/photos.asp?rnNumero=236&rbConcert=1&rnGroupe=2
Conclusion
Une soirée que Garmonbozia aura eu du mal à mettre sur les rails avec tous ces problèmes d’aiguillage, mais qui sera passée en moins de temps qu’il n’en faut pour attendre un métro pendant une journée de grève. Et même si deux titres auront été mis au piquet durant le rappel de Kataklysm, on ne va pas manifester pour se plaindre. Faudra juste espérer que le prochain passage des adeptes du tabernacle ne tombera pas à nouveau un jour de parasitage ferroviaire.
Je sais pas ce que j’ai moi, avec tout ces jeux de mots douteux, sûrement mon cerveau qui doit être en grève…
Report BHC
Pix by Gozmul
Introduction
Les spécialistes sénescents à la nostalgie atrabilaire se feront un plaisir de vous ressasser l’éternel antienne sur un air de Francis Cabrel, « les concerts metal c’était mieux avant ». Et pour cause, les dates ont beau pleuvoir les orgas ont du mal à se faire une place au soleil, n’en finissant plus de chuter en même que la température d’un baromètre métallique qui a du mal à rester au beau fixe.
Ce soir la météo des préventes est mauvaise pour Garmonbozia, qui en a vu d’autres, certes, mais qui aurait sûrement préféré ne pas voir son budget prendre l’eau pour la énième fois à cause d’un public en fuite. Conclusion logique du travail de sape des héraults du rail, ayant décidé de choisir ce jour fatidique pour claironner une énième fois leurs revendications socioprofessionnelles marmoréennes.
C’est la grève, quoi. D’autres préfèrent dire c’est la merde. Il y en a même pour parler de grève de merde. Les mots ne manquent pas, le courage si, et les métalleux parisiens déjà quand même bien pantouflards à force de se faire servir trop de concerts à domicile, ont décidé pour la plupart de céder à la loi des terroristes de la RATP. On range le treillis au placard et on laisse les rangers au chaud sous la table.
Seuls les plus courageux prennent le maquis pour se rendre sur les terres du nouveau casino, devenues difficilement accessibles en cette sombre période d’incertitude logistique. Les plus courageux ou ceux qui habitent juste à côté, aussi. Mon Gozmul de compagnie et moi-même appartenant à la catégorie intermédiaire, c'est-à-dire les courageux qui en plus n’habitent pas trop loin non plus, nous ne connûmes donc point trop de difficultés pour rejoindre notre lieu de villégiature métallique d’un soir.
Aborted (Death Gore grind)
Arrivé sur place, ce qui choque ce n’est pas l’affluence famélique et tristement prévisible, ou la défection du 1er groupe Lyfamachin chose. Non, ce qui choque, c’est un Sven tout ratiboisé et arborant qui plus est un tee-shirt Katatonia. Enfer et damnation, mais que s’est il donc passé ? C’est qu’on est habitué aux changements d’emballage chez Aborted, avec une belle succession de bouchers qui ont défilé dans l’abattoir franco-belge depuis son ouverture, mais tout de même. Notre Samson du cri de porc égorgé va-t-il perdre son bel organe en même temps que sa chevelure ? La viande aura-t-elle vraiment finie par tourner à force de la laisser se décomposer d’albums en albums ?
Fort heureusement, notre frontman à la tonsure toute neuve ne soulève plus aucune interrogation dès lors qu’il prend le micro et les choses en main. Non, Aborted n’a pas tourné au rock gothique en même temps que le tee-shirt de son chanteur. C’est vrai que la viande avariée mais pas variée, au bout d’un moment ça fait tourner de l’oreille, mais si sur CD le groupe devrait songer à cuisiner sa barbaque avec un peu plus d’originalité, en live on est encore très loin de la date de péremption.
Les musiciens débitent méthodiquement la set list en tranches aussi sanguinolentes que d’habitude, avec au menu bien sûr une large portion du dernier opus, et un émincé des deux précédents pour assaisonner le tout. Le son est bien gras mais goutu, l’hémoglobine coule à flot, et le groupe n’aura pas d’étoiles au guide michelin pour la fraîcheur des ingrédients, mais aura très bien réussi néanmoins à rassasier une foule d’affamée composée à majeur partie de carnivores, si l’on en juge par les nombreux tabliers, euh pardon, tee-shirts Aborted présent dans la salle d’opération, ah encore pardon, de concert je voulais dire. C’est fou tous ces rapprochements douteux qu’on peut faire en écoutant de la musique parfois, je vous jure…
http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/2.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/21.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/7.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/3.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/22.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/18.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/11.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/1/thumb/19.jpg
http://www.lesacteursdelombre.com/Ombres/festival/photos.asp?rnNumero=236&rbConcert=1&rnGroupe=1
Kataklysm (Death metal)
Le sang laissé sur les murs par nos garçons bouchers a à peine le temps de sécher que Katalysm revient le faire couler de plus belle…enfin de plus belle c’est vite dit, parce que si la formation québécoise nous laisse à peine le temps de coaguler avec un « Like angels » bien sanglant, pour enchaîner ensuite sur un « Let them burn » enflammé histoire de cautériser en puissance, la qualité du son elle, est comme les syndicalistes de la RATP, en grève, donc.
Enlaidies par de vilains grésillements qui ont la saturation au moins aussi tenace qu’un bataillon de grévistes, les compos de Maurizio et ses copains n’en demeurent pas moins d’une efficacité redoutable. Et puis de toutes façons quoiqu’il arrive : »This is the life we chose, the life we live, and there is only one guarantee, none of us will see heaven ! » déclarera le chanteur en reprenant cette fameuse réplique tirée du film “Road to perdition ”. Déclamation qui dans un cadre aussi kataklysmique fait autant office de profession de foi que de prélude au désormais classique « Ambassador of pain ».
« Ambassadeur de la douleur » dans la langue de Molière, insigne titre dont le combo québécois peut se revendiquer haut la main, une main qu’il a d’ailleurs plutôt lourde en distribuant les titres comme on distribue de bonnes grosses beignes. Ici, point question de diplomatie, on est pris entre « Resurrected « et « Crippled and broken » qui suivent juste après comme dans les cordes d’un ring, et les québécois nous en collent plein les gencives sans nous laisser trop le temps de récupérer entre chaque reprise.
Qui aime bien châtie bien, et on peut dire à ce compte là que le groupe soigne son public français, avec lequel le musculeux frontman babille tranquille entre deux rushes métalliques décochés sans pitié. Si l’on a bien sûr inévitablement envie de se marrer dès que Maurizio ouvre la bouche pour nous parler avec cet accent inimitable, ce qui en sort quand il hurle prête tout de suite moins à l’humour, tant notre homme prend son rôle au sérieux et vitupère en roulant des yeux de taureau furieux.
De là à dire qu’il fait peur, ce serait exagéré, surtout que même si le préavis d’inaudibilité déposé au début du concert semble avoir été levé, notre chanteur a moins de mal à faire entendre ses revendications vocales sur les parties de chant clair que sur les hurlements, toujours un peu dilué dans un nuage de grésillements décidemment très contrariants.
On entend donc mieux tous ces refrains accrocheurs tels que celui de « « ou celui d’ »Illuminati », qui même sans banderoles restent plus longtemps en tête que les slogans scandés machinalement par tous ces dissidents du chemin de fer, qui ont bien failli faire dérailler notre soirée en dérangeant le train train de notre quotidien métallique. Pourtant, on aurait pu trouver un terrain d’entente, le metal et le fer même combat, non ? Bon d’accord, je sors, mais après un « To rise again » seulement. Comme à la fin du concert en somme, où chacun sera rentré chez lui content…enfin pour ceux qui ont réussi à rentrer chez eux. ^^
http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/2/thumb/15.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/2/thumb/10.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/2/thumb/3.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/2/thumb/2.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/2/thumb/21.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/2/thumb/16.jpg http://www.lesacteursdelombre.com/Images/Ombres/festival/photos/236/2/thumb/25.jpg
http://www.lesacteursdelombre.com/Ombres/festival/photos.asp?rnNumero=236&rbConcert=1&rnGroupe=2
Conclusion
Une soirée que Garmonbozia aura eu du mal à mettre sur les rails avec tous ces problèmes d’aiguillage, mais qui sera passée en moins de temps qu’il n’en faut pour attendre un métro pendant une journée de grève. Et même si deux titres auront été mis au piquet durant le rappel de Kataklysm, on ne va pas manifester pour se plaindre. Faudra juste espérer que le prochain passage des adeptes du tabernacle ne tombera pas à nouveau un jour de parasitage ferroviaire.
Je sais pas ce que j’ai moi, avec tout ces jeux de mots douteux, sûrement mon cerveau qui doit être en grève…
Report BHC
Pix by Gozmul