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Voir la version complète : Soilwork + Dark tranquillity + Caliban + Sonic syndicate - le 12/10/2007 à La Loco


gozmul
22/11/2007, 19h16
http://www.lesacteursdelombre.com/Ombres/festival/detail.asp?rbConcert=1&rnNumero=237

Introduction
Si naguère l’idée même de voir le nom de Soilwork associé à celui d’Eastpack aurait pu paraître incongrue, le rajeunissement considérable d’une partie du public des suédois ainsi que les chiffres exponentiels des ventes du groupe aux Etats-Unis ont sans doute contribué à rendre la chose beaucoup plus plausible de nos jours. Une collaboration inattendue, mais qui va somme toute dans le sens logique de l’évolution musicale du combo scandinave, qui tend à être de plus en plus accessible avec le temps. Qui dit accessibilité, dit grand public, qui dit grand public, dit commercial, et qui dit commercial dit Eastpack…euh, non ?

Bon, on va pas tout mettre dans le même sac, bien que la tentation soit grande vu le secteur d’activité du sponsor de la tournée, mais force est de reconnaître que la soirée a presque l’air d’une animation commerciale de supermarché pour ados adeptes de la planche à roulette. Entre toutes les banderoles publicitaires bien ciblées qui tapissent les murs, les autocollants et autres pins distribués comme on donne du grain aux poules, il manque juste une rampe de skate et un atelier de tatouage pour compléter le tableau. Enfin vu la moyenne d’âge, on va plutôt parler de pochoirs et de décalcomanies.

Sonic syndicate (Melodicodeathmetalcore de synthèse)
Bilan, la fosse de la loco ressemble un peu à une salle de classe ou à une cour de récrée quand Sonic syndicate fait son entrée. Ce qui tombe à pic, puisque le public, bien qu’encore peu nombreux à cet horaire –d’ailleurs mystérieusement avancé par rapport à l’heure marquée sur les billets- correspond en majorité parfaitement à celui visé par le nouvel espoir du label Nuclear blast, qui du coup n’a aucun mal à mettre en plein dans le mille en dégainant sans attendre son tube « Denied » pour mettre le feu au poudre.

Dans la fosse où les plus jeunes sont à la fête ça pogote déjà joyeusement, alors que sur les côtés et en arrière fond, on sent une bien une certaine circonspection de la part d’une partie de l’assistance beaucoup plus statique et peut-être un peu plus exigeante en la matière. Le groupe ne ménage pourtant pas ses efforts pour occuper le terrain et affiche déjà l’assurance de ses glorieux aînés avec qui il partage l’affiche. Amusant de voir le décalage entre la timidité presque maladive de Richard en interview, qui ne décroche un mot que si on lui arrache, et son exubérance sur ces planches qu’il foule avec vigueur entre deux lignes de chant.

Le jeune chanteur a, tout comme son binôme vocaliste Roland, déjà intégré à sa scénographie personnelle les principes de base qui permettent d’assurer le spectacle, et n’échappe pas ainsi à certains réflexes scéniques archétypales, tel celui déplorable de placer l’expression « fuckin » dans toutes ses interventions à l’attention de l’auditoire. Une américanisation mécanique de son mode de communication qui n’est pas sans donner envie d’établir un parallèle avec les mécanismes sonores d’une machine musicale certes bien rôdée, mais qui tourne rapidement à vide.

De fait, avec son melodeathmetalcore symbiotique Sonic syndicate a très bien assimilé les influences sur lesquelles il a bâti sa musique, mais les synthétise avec un tel manque d’ingéniosité que je ne m’explique toujours pas ce buzz endémique sur fond de marketing viral découlant de l’infatuation maladive dont souffrent les pontes de Nuclear blast pour ces petits jeunots, qui savent certes faire parler la poudre, mais ne l’ont définitivement pas inventé. De la dynamite pour les uns, donc, mais un pétard mouillé pour les autres, qui pour sa première prestation chez nous aura de toutes façons mis honorablement le feu à la loco avec ses artifices, aussi discutables soient-ils.

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Caliban (Hard...euh non pardon, metalcore)
Il y aurait beaucoup à discuter aussi sur Caliban, qui pour le coup est tout à fait à sa place sur cette affiche, conformément à l’orientation de plus en plus opportune de sa musique, motivée par des raisons sur lesquelles il serait sans doute malvenu d’ergoter. Pas la peine non plus d’épiloguer sur l’absence totale de titres affiliés aux prémices discographiques d’un groupe qui semble frappé d’amnésie sélective dès qu’il s’agit de composer sa set list.

Surtout que ça n’empêche pas, reconnaissons-le, la formation germanique de nous botter le train avec une compétence qui elle n’est pas à remettre en cause. C’est donc chaussé du tout nouveau mais pas tout beau « Nowhere to run, no place to hide » et ses gros sabots metalcore que les allemands nous lattent sévèrement le séant, continuant ensuite à s’essuyer les pieds consciencieusement sur nos oreilles avec « I rape myself » puis « I’ve sold myself », pour le plus grand bonheur d’une fosse ravie de servir de paillasson.

Nos cinq compères ont d’autant plus de mérite qu’ils ont la semelle un peu craspouille, à l’image d’un son pas très reluisant, et les compos auraient pu, il est vrai, être lustrées avec un peu plus de soin pour des cordonniers de ce calibre. Mais Andy et copains restent droits dans leurs bottes, tirent au but une fois de plus sur « The beloved and the hatred » et transforment l’essai du dernier album avec un « I’ll never let you down » qui leur permettra de marquer incontestablement des points en plus. Quand ils ne sont pas occupés à shooter dans un ballon géant qui rebondira d’un bout à l’autre de la salle pendant tout le set, divertissement extra musical gracieusement offert par nos équipementiers férus de mécénat artistique.

Un « Its our burden to bleed » et un « Stop running » plus tard, le quintet aura rempli son cahier des charges habituel, en restant fidèle à une formule qui a déjà fait ses preuves par le passé avec le tout compris « pogo + circle pit + wall of death », à l’issue d’une prestation malheureusement plus convaincante sur la forme que sur le fond. Une forme que le combo a pourtant soigné, les membres s’étant joliment fagotés de consort avec une thématique vestimentaire analogue à celle adoptée dans le livret de leur dernier opus, le mal nommé « The awakening ».

Oui, parce que appeler son album « Le réveil » alors qu’on a un peu tendance à s’endormir sur ses lauriers, c’est assez limite quand même. Des limites que les membres de Caliban n’hésitent jamais à dépasser en live pour donner le meilleur d’eux-mêmes, mais qu’ils se gardent bien de dépasser sur album en évitant soigneusement de s’aventurer hors de la zone de sécurité. Un peu d’audace n’a jamais fait de mal à personne, pourtant…

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Dark tranquillity (Death mélodique)
On a parlé quelques temps de Dark tranquillity en support de Iced earth, mais la chose n’étant plus d’actualité (les vétérans suédois ayant été remplacés depuis par Turisas et Annihilator), il faudra donc se contenter de cette date parisienne, qui sera vraisemblablement la seule pour 2007. On est loin de l’année 2006 où le groupe semblait avoir pris un abonnement à résidence pour la capitale, étant venu nous voir à plusieurs reprises en ouvrant d’un côté pour Kreator et de l’autre pour Chimaira. Un Kreator dépassé de loin, et un Chimaira remplacé de près, puisque Michael et les siens ont pris leur place sur cette tournée, les américains ayant préféré se consacrer à l’écriture de leur prochain album.

Michael, qui, pour ne pas changer, va confirmer pour la énième fois son statut de valeur sûre et surclasser tout le monde sans même se forcer. Tout en sobriété, le chanteur dégage une classe naturelle dans son chant comme dans son comportement à notre égard, et si j’emploie le mot « égard », c’est à dessein, tant la sincérité de l’attention qu’il témoigne à ses fans est irréfutable. Rarement lien aura été aussi fort et si tangible entre un artiste et son public.

C’est pourquoi on pardonnera peut-être plus facilement à Dark tranquillity ce qu’on reprochera à d’autre, en l’occurrence le monolithisme d’une set list marmoréenne figée dans le marbre de la routine. Rien de neuf à se mettre entre les oreilles pour qui a déjà vu le groupe ces derniers temps, avec en premier lieu le diptyque introductif « Terminus [Where death is most alive] » & « The lesser faith », servant autant à introduire le concert que le dernier album, et rassurant ainsi monsieur Stanne, content de voir que les gens connaissent déjà les nouveaux titres.

En même temps, ça fait un sacré bout de temps qu’il est sorti déjà le nouvel album, et c’est sûr qu’à force de jouer toujours les mêmes titres en tournée, on finit par les connaître. Que ce soit « The treason wall » ou l’imparable et édifiant « The wonders at your feet », tout cela sonne très familier aux oreilles des habitués, qui doivent sûrement connaître aussi par cœur « Focus shift » si on a le clic facile pour télécharger, puisqu’étant, comme nous le rappellera le vocaliste, le 1er titre téléchargeable légalement du dernier album.

Seul « Misery’s crown » réussit toujours à surprendre un peu avec sa tonalité singulière, dont les accès de mélancolie aux teintes légèrement gothiques se démarquent agréablement de l’unité de son que les musiciens s’efforcent de maintenir avec le reste de la track list. Une track list à laquelle manque un « Final resistance » que le combo n’aura sans doute pas pu caser par manque de place, mais qui n’oubliera pas d’entretenir la légende avec le mythique « Punish my heaven », pour conclure sur un « The new build » puissamment terminal

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Soilwork (Death/thrash mélodique)
Périlleux pour Soilwork de faire suite à un Dark tranquillity qu’il est toujours difficile d’avoir en groupe d’ouverture si l’on n’est pas capable d’assurer derrière. Particulièrement pour le sieur Strid dont les capacités vocales en live ont connu des hauts et des bas, notre homme ayant eu, fut un temps, toutes les peines du monde à conserver la clarté de certaines de ses lignes de chant.

Une époque révolue depuis belle lurette, si l’on garde en mémoire sa performance de l’an passé déjà, et à plus forte raison ce soir puisque dès le début du concert -que le groupe a le bon goût de commencer sur un tonitruant « Bastard chains » issu de l’âge d’or de Predator’s portrait, s’il vous plaît- le frontman montre qu’il en a dans les cordes vocales et balaye toutes les inquiétudes.

Enfin presque toutes, puisqu’on pouvait se demander ce qu’il en était de la pérennité d’un line up dont la stabilité fut ébranlée par la défection de l’un de ses membres fondateurs, Peter Witchers pour ne pas le nommer, qui semblait pourtant inamovible. Car si l’intégration de Dirk à la batterie est bel et bien entérinée, l’ami Antonsson peinait encore à se mettre en avant l’année dernière et on se demandait si le guitariste allait être aussi timoré ce coup-ci.
Manifestement non, et le bougre cultive cette fois l’art du contre-pied en se montrant beaucoup plus téméraire qu’auparavant. Une témérité qui pourrait s’appliquer à une set list curieusement plus osée que celle de Dark tranquillity, avec un éventail de titres bien choisis et qui couvre une plus large période de la discographie que celle de leur compatriotes suédois.

Le temps supplémentaire alloué à la tête d’affiche y est certes pour beaucoup dans la possibilité de pouvoir trier les morceaux sur le volet, mais la quantité n’a d’égale que la qualité, avec les tubes de Natural born chaos que sont « As we speak » et « Follow the hollow », auxquels viennent se greffer des compositions méritantes telles que « Distance » ou « Light the torch », dont la présence fait toujours plaisir aux tympans des vieux fans.

Vieux fans dont je suis, et qui auraient peut-être aimé plus de chansons tirées de A predator’s portrait, au hasard « Grand failure anthem » ou « The analyst », pour ne citer qu’elles, ou encore un peu de Steelbath suicide, même si on ne peut nier l’efficacité des extraits de Stabbing the drama, dont le titre éponyme qui passe très bien en live. Difficile de savoir par contre, si la présence d’un seul extrait du futur album, « Exile » en l’occurrence, allait suffire à satisfaire les attentes des plus curieux.

Je doute cela étant dit, que quiconque ose contrarier le groupe pour le choix de sa set list, et plus particulièrement Mister Speed, qui du haut de la scène joue autant les chanteurs que les videurs, ne laissant guère l’occasion aux slammers de s’attarder trop longtemps à ses côtés.
Non pas qu’il se montre coercitif ou agressif, comme a pu l’être auparavant Mr corpse Grinder, qui lors du dernier concert de Cannibal corpse à la Loco avait failli faire mourir de peur un pauvre gamin en le menaçant de mort parce qu’il avait osé hurler dans son micro.

Non, c’est juste qu’on sent bien à l’aura qu’il dégage, que le bonhomme tout en corpulence tatouée pourrait se montrer moins conciliant la cas échéant. Et surtout malgré les efforts fournis pour communiquer un minimum, il émane un je ne sais quoi de peu engageant de la part du chanteur, et qui pour moi se rapproche assez de la froideur. Cette façon qu’il a de repousser placidement tous les slammers avec une espèce de lassitude désabusée, et ce manque réel d’enthousiasme dans son comportement-ne serait-ce que par rapport à Michael- ne trompe guère.

On est très loin de la tournée commune avec In flames et Pain il y a quelques années, où Bjorn se montrait beaucoup plus avenant et concerné. C’est vrai que maintenant il maîtrise son chant à la perfection en comparaison, mais sur le plan humain, on dirait que quelque chose s’est grippé. Rien à voir avec Ola, qui à part une bonne longueur de cheveux en moins, n’a pas changé d’un iota et se montre toujours aussi frapadingue en se remuant tout le temps avec sa basse.

Un point de détail sans doute très subjectif, attendu qu’il ne s’est pas non plus montré spécialement antipathique, et qui n’a finalement que peu d’incidence sur la qualité globale de la prestation délivrée par le quintet suédois, qui se sera montré très professionnel tout du long. Une fois « Stalemate » et le très incisif « Nerve » joués en guise de final, on restera donc sur un bon souvenir et l’heure sera venu de rentrer à la maison, où à n’en pas douter Papa et Maman attendront leur progéniture avec impatience. Non parce qu’il est tard quand même, et même si y a pas école demain, c’est pas une raison. :wink:

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Conclusion
En attendant une prochaine tournée du même genre, je propose qu’on lance un jeu concours pour deviner le nom sous lequel sera présenté le futur évènement. Genre « Eastpack delivrance tour » ou « Eastpack remedy party », ou que sais je encore d’au moins aussi brillant que ce que les créatifs éclairés de nos mécènes du sac à dos nous pondent entre deux séances de branlette publicitaire.

Le gagnant aura droit bien sûr, à son poids en kinder chocobons et au numéro de la bassiste de Sonic syndicate !

Report BHC
Pix by Gozmul

Gérald
22/11/2007, 19h48
Comme d'habitude!! !Ca pete!!!

Divine Freya
22/11/2007, 23h18
C'était super class à l'Espace Julien à Marseille!!:icon_metal: