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Voir la version complète : Pain + Sybreed + Zonaria Le 29/10/2007 a La Loco


gozmul
07/11/2007, 16h13
http://www.lesacteursdelombre.com/Ombres/festival/detail.asp?rbConcert=1&rnNumero=235

Introduction
La seule loi que Pain semblait connaître jusque là en matière de business était celle de Murphy, et comme si ça ne suffisait pas déjà sur album, il aura fallu que sur scène ça coince aussi, avec un retrait de la tournée prévue originellement avec Paradise lost et Swallow the sun…qui eux même s’étaient désistés faute d’ubiquité, parce qu’étant déjà bookés en support de Katanonia durant la même période, ils leur auraient été difficile de se produire en deux endroits à la fois.

Au moins ça c’était de l’officiel, parce que du côté du camp suédois on évoque officieusement d’obscures divergences entre les deux managements qui ne seraient soit disant pas parvenus à trouver un terrain d’entente, et par « entente » s’entend probablement des considérations bassement pécuniaires qui dépassent notre entendement. Vu le prix demandé pour le concert de ce soir, je doute que notre cher Peter se soit montré trop gourmand, surtout qu’en plus de Pain on a droit à deux groupes de plus, le tout pour moins de 20 euros donc.

Un tarif très abordable qui permet de faire passer la pilule d’une ouverture des portes un peu tardive, puisque c’est à 21h30 et des poussières que l’accès nous est enfin autorisé, ce qui a pour conséquence de nous ramener au bon vieux temps des concerts de la loco qui se terminaient à pas d’heure. Ah ce concert de Nile qui s’était fini à plus de 3h du matin, souvenir souvenir….

Zonaria (Metalcore futuristico symphonique)
Un temps annoncé en qualité de première partie, les suédois d’Engel ne seront finalement pas de la partie ce soir. Ayant préféré pour des raisons de couverture médiatique bien compréhensibles se consacrer à la tournée avec Dimmu Borgir qui leur garantit une exposition nettement supérieure à celle qu’ils auraient pu obtenir en ouvrant pour Pain, on ne saura donc pas si le bassiste a rafistolé son instrument de travail ou si il joue toujours sur deux cordes comme ce fut le cas lorsque je les ai vu dernièrement en ouverture des superstars du black metal norvégien à l’Élysée Montmartre.

A la place on aura droit à leurs compatriotes de Zonaria, qui bien qu’évoluant dans un registre quelque peu différent ne me donnent pas franchement l’impression que mes oreilles vont y gagner au change. Pourtant même si ça commence pas tôt (22h tout de même…) ça démarre pas mal, avec un premier titre sous tension qui laisse augurer d’une musique électriquement efficace à défaut d’être symphoniquement originale, et si la sono n’est pas au meilleure de sa forme les musiciens eux ont la pêche. A commencer par le batteur qui distribue les blasts généreusement tout en agitant ses tiffs sans discontinuer, et le chanteur/guitariste qui nous sert sur un plateau quelques leads bien appétissants.

Un même chanteur qui juste avant d’entamer le deuxième morceau, trouve quand même le moyen de nous souhaiter bon appétit ! A 22h faut le faire, et on verra plutôt là une manière de nous avertir comme quoi on aller s’en manger plein la gueule. Nous voila prévenu, à ceci près que là où l’aurait pu s’attendre encore à du nerveux et du speed pour rester dans la même mouvance rythmique, le groupe casse le rythme instauré avec succès dès le début et joue la carte du mid tempo. Effet d’annonce inutile donc, pour un titre à l’avenant et ne faisant qu’être le premier d’une longue série de morceaux composés tous un peu dans le même moule instrumental.

Un moule aux contours hélas déjà définis par d’autres avant, et que la formation suédoise essaye avec bonne volonté de refaçonner à sa manière pour nous faire oublier qu’il y a quand même un air de déjà entendu dans tout ça. Entre futurisme orchestral et angélisme symphonique, les musiciens nous sortent quelques claviers christiques qui ne dépareilleraient pas durant une messe dans un église cyberpunk, mais ont surtout l’arrangement facile pour faire passer une pilule artistique difficile à digérer pour ceux qui en ont marre de bouffer les mêmes riffs metalcore décongelés à longueur d’albums par différents groupes à l’inspiration faisandée et qui ont tous en commun de sentir le réchauffé.

La moyenne d’âge d’une bonne partie du public présent ce soir fait qu’on est visiblement pas très regardant sur l’originalité, ainsi dans les premiers rangs secoue t’on sa crinière avec un enthousiasme tout ce qu’il y a de plus juvénile sur des compos qui sont conçues de toutes façons pour ça, et auxquelles on ne pourra malheureusement pas en demander beaucoup plus. Votre serviteur retiendra lui pour sa part l’étrange tenue de scène des musiciens, plastronnés à l’unisson d’un gilet pare-balles à mi chemin entre Blade runner et X-Or, et dont le port répond probablement à l’envie de pousser le concept futuriste au maximum, mais pas à celle d’éviter le ridicule…

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Sybreed (Soilwork Suisse)
« Faut qu’on joue y a la tour manageuse qui hurle » déclare un guitariste gentiment apeuré à ses collègues avant que le groupe ne démarre en trombe sur un premier morceau qui fait suite à une séance de préparatifs au timing très serré. On est passé à l’heure d’hiver ce week-end, certes, mais les membres de Sybreed sont remontés comme des coucous suisses et vont remettre dare dare les pendules à l’heure du pays du gruyère.

Matraquage métronomique et précision horlogère sont de rigueur pour nos artisans helvètes qui font tourner une machine parfaitement huilée, mais dont les rouages sont essentiellement importés de Suède, ce qui explique l’impossibilité de ne pas faire de rapprochement avec un modèle de référence, à savoir Soilwork, et dont le quartet a parfaitement assimilé le mode d’emploi.

Transposé dans un univers sonore plus froid et synthétique, la contrefaçon est manufacturée avec grand soin, nos copistes n’hésitant pas à camoufler leur détournement instrumental avec quelques maquillages électro-technoides clinquants pour farder une évidence qui saute vraiment un peu trop aux oreilles sur certains passages. Tant et si bien que la reproduction souffre honorablement la comparaison avec l’original, et arrive même à s’en démarquer en de rares occasions.

Après, la grande chance de Sybreed ce soir est la même que celle de Zonaria, en l’occurrence la moyenne d’âge relativement faible d’une partie du public qui a l’air tout disposé à s’enfourner tout ce qui lui passe par les oreilles pourvu que ça lui permettent jouer des cervicales ou des coudes dans la fosse. Y avait donc de l’ambiance devant la scène, le combo suisse étant attendu par un parterre de fans suffisamment nombreux pour faire un bon ramdam et mettre du baume à ce cœur que nos helvètes mettent rigoureusement à l’ouvrage.

Il faut bien ça, vu qu’entre deux titres quelques esprits chagrins au sein de « l’autre partie du public » n’hésitent pas à plomber cette ambiance bon enfant en hurlant « casse toi » ou en réclamant « Pain » avec vigueur. Un parti pris d’intercession intempestive que le caractère plutôt redondant de la set list explique sans aucun doute, puisque au bout d’un moment on a l’impression d’entendre un peu la même chose.

Les musiciens ont pourtant un sens aigu de la structuration conférant à leurs compos un calibrage millimétré qui leur permet de placer les bons breaks au bon moment pour un résultat optimal en terme d’interactivité avec le public. Las, rien n’y fait, et malgré une caisse claire dont chaque impact résonne pire qu’un réveil à coups de casserole, j’ai beau essayer de garder mes sens de chroniqueur éveillés, je m’endors inexorablement bercé au son de leurs morceaux pour faire de beaux rêves plein de Soilwork et Disharmonia mundi. Curieusement, quand je me réveille j’ai quand même l’impression d’être toujours en train de rêver…

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Pain (Metal electro-indus)
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Cela dit, il en faut du courage pour rester éveillé, et les roadies ont beau faire le maximum pour écourter la période de transition relative aux différents réglages préconcert, c’est à une heure bien tardive que Peter et ses comparses arrivent enfin sur scène. C’est d’ailleurs un miracle que la loco soit encore si remplie compte tenu de l’horaire particulièrement avancé à laquelle le set démarre, mais vu l’accueil triomphal que reçoit le stakhanoviste suédois, il aurait pu débarquer à 3h du matin que les fans l’auraient accueilli à bras ouverts quand même.

Monsieur Tägtgren a comme d’habitude l’air de sortir tout juste du lit, et avec ses deux globes oculaires flanqués en permanence de cernes de la taille d’une soucoupe volante il est difficile d’apprécier l’état dans lequel il est susceptible de se trouver. Il faut donc s’en remettre à la qualité de sa prestation scénique pour se faire une idée de la chose, et si l’on en juge par la vigueur avec laquelle il attaque d’entrée sur « Same old song », il y a au moins ses bras qui sont toujours en état de marche, quant au chant il laisse augurer de cordes vocales qui devraient pouvoir durer au moins jusqu’à la fin du set.

C’est que mine de rien avec son air d’être toujours au bout du rouleau on s’inquiéterait presque pour lui de peur qu’il nous claque entre les doigts en plein concert. Mais pour l’instant tout va bien, c’est les titres qu’il enchaîne en claquant des doigts, et loin d’être à l’article de la mort fait agoniser de plaisir une foule entièrement acquise à sa cause. Une foule a laquelle il s’adressera finalement après avoir aligné en continue quelques chansons imparables comme le single « Nailed to the ground » ou l’excellente reprise des fabulous four « Eleanor Rigby » .

« Nom de dieu c’est qu’il est presque déjà minuit, même plus le temps d’aller au Moulin rouge » constatera t’il débonnaire avant d’embrayer sur le nébuleux « Injected paradise » et ses allusions narcotiques. Ouf, Peter nous parle, c’est que parti sur sa lancée on l’aurait bien vu nous débiter sa set list d’une traite sans piper mot entre les morceaux, et le pire c’est qu’on aurait même pas pu lui en vouloir. Pas étonnant si l’on considère le caractère irrésistible de la set-list en question, qui ne contient quasiment que des tubes que le DJ de la loco aurait pu sans problème passer à l’étage supérieur où sont parqués tous les clubbers de service.

L’atmosphère n’est d’ailleurs pas loin de celle d’une boite de nuit par moments, les passages dansants ne manquant pas et les coups de projecteurs n’ont plus, même si on n’est pas non plus dans la stroboscopie intensive inhérente aux pistes de danse. A défaut de remuer son popotin sur le dance floor, ce sont les cervicales qui se démènent et remuent en cadence sur fond de « Zombie slam » ou encore « Stay away ». En parlant de slam les plus courageux s’y essayent d’ailleurs à plusieurs occasions, mais mieux vaut ne point arriver sur scène, aux deux extrémités de laquelle sont postés des videurs chargés de renvoyer manu militari tout contrevenant au bon ordre dans lequel la prestation est supposée se dérouler.

Deux videurs qui ont l’air de se faire chier comme des rats morts (après le concert de Watain remarquez, ça peut s’expliquer…), contrairement à une assistance à fond derrière le frontman, qui devient de plus en plus loquace à mesure que la set list s’amenuise, allant même sur « On your knees » jusqu’à pousser plus témérairement sa voix dans ces retranchement death qui ont fait les beaux jours d’Hypocrisy. Quand le morceau se termine le voici qui s’adresse à nous demandant : »Paris vous aimez le sexe ? ». Licencieusement inquisiteur, il n’hésite pas à poser la question à plusieurs reprises après que son batteur ait mimé un flop à la batterie vu le peu de réponses obtenues la première fois. « Vous savez ce qui se passe quand on met sa bite dans le mauvais trou ? » « It’s the end of the line » hurlera un fan juste devant lui, avant que le chanteur n’acquiesce avec un grand sourire et entame le titre éponyme.

Un peu de poésie dans un concert de brute, même si malgré une sono impeccable on aurait aimé que les grattes sonnent un peu plus brutal, justement. Au lieu de ça, on reste dans l’esprit un peu plus rock du dernier album, un dernier album à l’honneur ce soir, et qui sera l’occasion sur le titre « Hate me » de ralentir un peu le tempo comme le dira Peter. C’est vrai qu’après le très enlevé « It’s only them » et son gimmick introductif reconnaissable entre tous, ça fait du bien de souffler un peu. Un « On and on » plus tard, ça va tellement vite qu’on est déjà au rappel. Un rappel juste avant lequel quelques baguettes de pain seront subrepticement déposées au pied du micro profitant du fait que les musiciens se sont éclipsés dans les loges.


« C’est la dernière date de la tournée européenne ce soir, alors je suppose qu’il est normal que des trucs bizarres se produisent » déclarera le chanteur en ramassant d’un air amusé les baguettes de pain déposées par terre. Tout aussi joueur il s’amuse à nous demander soudain « Paris vous voulez danser ? », en prélude bien évidemment à un « Dancing with the dead » à faire danser les morts. Toujours d’humeur badine, il repart de plus belle et demande après si « il y a des filles dans la salle ? ». Et de leur dédicacer un « Bitch » retentissant comme le fouet d’une domina qui claque dans un salon SM. C’est pas tout ça, mais comme le facétieux frontman n’aime pas qu’on le contrarie, il ne manquera pas de nous demander de nous taire pour finir, sur l’inévitable « Shut your mouth », qui viendra nous fermer musicalement le clapet en dernier lieu.

Enfin dernier pas tout à fait, parce que alors qu’après ce triplé gagnant on s’attendait à avoir franchi la ligne d’arrivé définitivement, l’infatigable suédois revient en piste pour un dernier tour et repart dans un ultime galop à bride abattue sur un titre très punk tiré du tout premier album. « Ok, c’est là ou je perds ma voix » lance t’il avant de pousser un de ces hurlements dont il a le secret et qui a du dégoûter plus d’un apprenti hurleur. Nan mais c’est vrai quoi, ça devrait être interdit de hurler aussi bien avec autant de facilité. Non, je suis pas jaloux, c’est pas vrai. Bon je vous laisse j’ai un métro à prendre…comment ça y a pas de métro ? Ah merde c’est vrai, il est déjà une heure du matin. :icon_rolleyes:

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Conclusion
Ayant toujours en mémoire la prestation messianique du summer breeze 2005, qu’un Peter au summum de son talent avait délivré avec maestria à des milliers de fidèles allemands déchaînés, je me contenterai juste de dire que ce soir c’était très sympa, mais qu' on a déjà vu Pain en meilleure forme…contrairement à notre Jess chérie qui habillée en femme, pour une fois, était elle au mieux de ses formes, euh pardon de sa forme.

Comprenne qui voudra…:icon_e_biggrin:


Report by BHC
Pix by Gozmul.

Gérald
07/11/2007, 16h52
Genial le report et les photos!!! Félicitation! Vous etes des chefs!!!

gozmul
07/11/2007, 19h13
Et encore pour Pain j'ai galéré pour le choix des photos: + de 100 de correctes en reserve

J'arrive a me limiter a 57... manque de bol le site peut en contenir que 50 :icon_evil2: ARGHH

Divine Freya
07/11/2007, 20h20
ARGHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

J'ai manqué PAINNNNNNNNNNNNNNNNNN:cry:

Heureusement, comme BHC je garde l'excellent souvenir du Summer Breeze 2005. On y était ensemble d'ailleurs avec GG!!!!:icon_metal: